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Martin T:son Engströem  : « Je voulais que le Festival de Riga Jurmala ait un profil unique »

Martin T:son Engströem : « Je voulais que le Festival de Riga Jurmala ait un profil unique »

04 août 2019 | PAR Yaël Hirsch

Suédois de naissance, Martin T:son Engströem a travaillé avec Herbert von Karajan, puis comme agent d’artistes et en maisons de disques à Paris. Fondateur du célèbre Festival de Verbier en Suisse en 1994 (lire nos articles sur Verbier et notre interview du directeur), il est aussi à la tête d’un nouveau festival majeur en Europe : Le Festival Riga Jurmala dont la première édition a lieu jusqu’au premier septembre. Il a répondu à nos questions sur la programmation et la philosophie de ce festival qui fait venir les plus grands orchestres* en Lettonie.

* Cette première année l’on entendra à Riga Jurmala : le Bavarian Radio Symphony Orchestra dirigé par Susanna Mälkki; le Russian National Orchestra dirigé par Mikhail Pletnev, l’Israel Philharmonic Orchestra dirigé par Zubin Mehta & le London Symphony Orchestra dirigé par Gianandrea Noseda. Parmi les solistes : le tenor Joseph Calleja, le bariton Benjamin Appl; les pianistes Murray Perahia, Yuja Wang, Rudolf Buchbinder et Jan Lisiecki, Seong-Jin Cho et Lucas Debargue; les violinistes Vadim Repin and Julian Rachlin; le violoncelliste Mischa Maisky et le guitariste Milos.

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Comment êtes-vous passé de Verbier à Riga et Jurmala ?
Le Président du Conseil du Festival de Riga Jurmala m’a demandé de rejoindre l’aventure. Deux voyages à Riga et Jurmala m’ont convaincu qu’il y avait là-bas tous les ingrédients pour créer un événement international.

Avec Tsinandali, vous êtes en charge de festivals de mi-juillet à fin septembre. Comment tenez-vous le choc?
Il faut être bien organisé et savoir – grâce à l’expérience- anticiper les problèmes. J’ai aussi deux anciens et puissants collaborateurs auprès de moi : Miguel Esteban pour Riga Jurmala et Avi Shoshani pour Tsinandali.

Que ressent-on lorsqu’on créée un nouveau festival?
Pour se sentir un peu satisfait de ce qu’on fait, il faut pouvoir être capable de voir ce qui se passe bien et savoir mettre en perspective les choses qui peuvent êtres améliorées.

Alors que vous dirigez trois grands festivals en Suisse, Lettonie et Géorgie, et que vous y faites venir les meilleurs musiciens du monde, pensez-vous que vous jouez un rôle quant à la culture et l’identité de l’Europe ?
Je ne crois pas que la question de la culture européenne me préoccupe. J’ai eu la chance folle d’être introduit à trois parties de l’Europe et l’on m’a offert la possibilité de créer des événements artistiques en ces lieux. En développant un festival de musique en montagne, hors des sentiers battus, j’ai aussi pu mesurer les aspects économiques d’une telle entreprise. Nous avons fait plusieurs études avec McKinsey sur l’impact économique du Festival de Verbier. Ces études montrent qu’un festival international bien mené peut encourager la croissance économique d’une région. La culture n’est pas forcément un coût, elle peut aussi stimuler la croissance économique.

Quelle est la spécificité d’un festival qui s’articule autour de week-ends comme le festival de Riga Jurmala ?
L’idée de se concentrer sur les week-ends permet d’étaler les événements sur Juillet et Août. Nous espérons aussi que les touristes resteront deux week-ends et utilisent le temps entre deux concerts pour découvrir d’autres lieux en Lettonie ou dans les États Baltes.

Comment avez-vous eu l’idée de déplacer de grands orchestres vers Riga et Jurmala ?
Je voulais que le Festival de Riga Jurmala ait un profil unique et il y a peu de festivals en Europe qui se concentrent sur la venue d’orchestres majeurs.

Parlez-nous de votre époustouflante programmation? Y-a-t-il une thématique ? Ou des rencontres entre musiciens ?
Mettre au point un programme est quelque chose de très subjectif. Vous choisissez les meilleurs événements artistiques avec les jeunes musiciens les plus talentueux que vous connaissez. Je pense que le public doit savoir que fait ces choix artistiques. Bien sûr, je peux faire des erreurs, mais au moins le public saura que je suis responsable des décisions.

A Verbier, l’aspect pédagogique est unique et crucial. Est-ce un projet à long-terme pour le Festival de Riga Jurmala ?
Nous avons décidé de commencer avec des événements musicaux majeurs autour de quatre week-ends. Quand la première édition sera passée nous discuterons pour savoir comment nous voulons procéder pour 2020. Cela dépend des ventes de billets et des suggestions du public.

Toutes les informations sur les concerts du Festival de Riga Jurmala sont à retrouver sur le site de l’événement.

photos : (c) Aline Paley

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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