Danse

Une ouverture Flamenco pour les Nuits de la Moutte avec Eduardo Guerrero

Une ouverture Flamenco pour les Nuits de la Moutte avec Eduardo Guerrero

04 août 2019 | PAR Yaël Hirsch

C’est dans la Palmeraie du Château qu’a eu lieu l’ouverture de l’édition 2019 des Nuits de la Moutte, ce 3 août 2019, avec un programme flamboyant et flamenco incarné par le danseur Eduardo Guerrero entouré de quatre musiciens.

Sur une musique de passion et de mort interprétée par Javier Ibanez, Juan José Alba aux guitares, et Anabel Rivera, Samara Montanez et May Fernandez au chant, Eduardo Guerrero a prévu de rendre un hommage flamenco aux femmes.

Commençant à la tombée de la nuit a capella et par des voix de femmes célébrant une ode à la Vierge Marie, le spectacle commence par des traversées à marche lente du danseur prodige de Cadix. On retient son souffle quand il se lance dans un solo ardent très respectueux de la tradition, sur percussions enregistrées.  Les guitares prennent le relais. Tout en noir, longiligne le danseur marque les temps et se meut autour des trois chanteuses de manière amoureuse, des micros laissant entendre ses pas. Il s’enroule et se love dans le giron d’une des trois femmes en plein lamento, cherche du corps la deuxième et termine le premier tour dans le giron de la troisième.

La suite propose un mélange de chassé-croisé et de flamenco très traditionnel, de gestes déstructurés et de cercles de bravoures parfaitement andalous. L’homme et les femmes se fuient, se cherchent, s’éteignent avec passion et parfois tendresse mais elles sont trois et il est unique, au centre, à temps pleinement érotisé, même quand il rampe, baigné de lumière puis d’une tunique blanche.

Peut-être est-ce à cause de la sonorisation très surdimensionnée, ou peut être l’absence de sous-titres aux chants nous perd-elle?  Mais l’on a du mal à suivre le sens du spectacle. Malgré des effets d’accessoires travaillés (fil rouge, veste), de regards, de placements et de lumière, et malgré les voix puissantes des chanteuses scandant la passion et la plainte, l’on a du mal à comprendre où l’on veut nous mener. L’on se laisse néanmoins glisser dans les géométries de la scène avec des danseuses qui font écrin aux déplacements latéraux et pas marqué du coups du danseur et des guitaristes qui laissent aussi entendre leurs voix. 

Alternant les solos brillants et les moments de duo avec  les chanteuses qu’il transforme de facto en danseuses, Guerrero est une étoile. Alerte sous son chignon, marquant le rythme et tirant sur les pans de son élevage veste, il livre ses morceaux de bravoure dans une lumière bleue électrique, les silences de ses pas eux-mêmes marqués par les cigales. Un spectacle complet qui a nous a fait voyager vers le Sud de l’Espagne. 

Le festival dure jusqu’au 14 août. Pour en savoir plus sur sa programmation, lire notre interview du directeur, Jean-Philippe Audoli.

visuel : YH

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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