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[LIVE REPORT] Jaroussky ressuscite Verlaine au Théâtre des Champs-Elysées (11/04/2015)

[LIVE REPORT] Jaroussky ressuscite Verlaine au Théâtre des Champs-Elysées (11/04/2015)

13 avril 2015 | PAR Stéphane Blemus

Paul Verlaine chanté par le contre-ténor Philippe Jaroussky. Les écrits de l’auteur mis à nu par le chant au Théâtre des Champs-Elysées samedi 11 avril 2015.
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Vie de Verlaine, Tome 2

Pour nombre de musiciens, Paul Verlaine n’a jamais quitté cette planète. Il y réside encore, somnolant dans un coin. Le poète agite leurs idées parfois, les perturbe souvent, les ensorcelle toujours. Cette planète est celle de l’inspiration créatrice. Un monde imaginaire sous forme de songe. Un rêve dans lequel les sons s’expriment et les mots se matérialisent. Son legs manuscrit est en cela bien présent, aujourd’hui encore, longtemps après sa mort en 1896.

Fauré, Debussy, tout comme Ferré, Trenet et Brassens ont lu Verlaine. Comment le poète lui-même décrivait-il l’art poétique ? « De la musique avant toute chose ». « De la musique encore et toujours ! » Les musiciens, Verlaine les a fréquentés toute sa vie. Il s’est confronté à la réalité de leur quotidien, à l’expression de leur génie.

Entre l’écrit et le chant, Verlaine a façonné un pont invisible. Philippe Jaroussky l’a traversé. Entendant le son des mandolines et la musicalité verlainienne de l’autre côté de la rive, il a fait de ce passage entre deux arts un album, « Green : Mélodies française sur des poèmes de Verlaine », sorti en février 2015. Il a organisé autour de cette affinité entre Verlaine et la musique, samedi 11 avril 2015, un concert, au Théâtre des Champs-Elysées.

Les vers de Verlaine version Jaroussky

Après un premier recueil de mélodies nommé « Opium : Mélodies Françaises », Philippe Jaroussky renouvelle l’expérience avec les poèmes de Paul Verlaine. Le poète compte parmi les auteurs les plus mis en musique. Entouré de Jérôme Ducros et du Quatuor Ebène, Jaroussky a élaboré un programme hétéroclite reprenant des compositions des 19ème et 20ème siècles inspirées par l’œuvre de Verlaine.

Pendant une heure trente, entrecoupée uniquement par un entracte, Jaroussky varie les styles, avec cette voix aiguë singulière devenue identité lyrique et publique. Les tonalités fluctuent énormément entre les morceaux. Les fidèles à Verlaine sont bien évidemment convoqués. Au premier rang duquel apparaît Gabriel Fauré. « Mandoline », « La lune blanche », « C’est l’extase », « Sicilienne » ou encore des compositions de l’opus 58 (« Green », « En sourdine »). Mais également Claude Debussy, avec « Mandoline », « Clair de lune », le « 2ème mouvement du quatuor à cordes en sol mineur », et trois mélodies des « Fêtes galantes » (« En sourdine », « Fantoches », « Clair de lune »). Ou encore Reynaldo Hahn et ses « Chanson d’automne », « En sourdine », « D’une Prison », « Fêtes galantes » et « L’Heure exquise ». Des artistes moins connus également, comme Poldowski, sont conviés.

Mais Jaroussky innove en invitant à ses côtés les créations d’auteurs inattendus, hétérodoxes pour un chanteur classique. Le ton féerique de Léo Ferré est invoqué avec « Ecoutez la chanson bien douce » et « Colloque sentimental ». Charles Trenet est présent en guest-star avec sa version de « Chanson d’automne ». Même le Bis est source de surprises, le concert se finissant sur une chanson de Georges Brassens.

Informations pratiques : Philippe Jaroussky, contre-ténor, Jérôme Ducros, piano, Quatuor Ebène

Line-Up :
Ernest Chausson : « Extrait du concert op. 21 »
Gabriel Fauré : « Mandoline »
Marie-Joseph-Alexandre Déodat de Séverac : « Le ciel est par-dessus le toit »
Ernest Chausson : « Ecoutez la chanson bien douce »
Gabriel Fauré : « Green », « En sourdine », « Sicilienne op. 78 »
Reynaldo Hahn : « Chanson d’automne »
Poldowski : « Mandoline », « La lune blanche »
Reynaldo Hahn : « D’une Prison »
André Caplet : « Green »
Claude Debussy : « 2ème mouvement du quatuor », « Fêtes galantes I » (« En sourdine », « Fantoches », « Clair de lune »)
Léo Ferré : « Ecoutez la chanson bien douce »

Josef Szulc : « Clair de lune »
Joseph Canteloube : « Colloque sentimental »
Charles Bordes : « O triste était mon âme »
Camille Saint-Saëns : « Le vent dans la plaine »
Emmanuel Chabrier : « Idylle »
Reynaldo Hahn : « En sourdine »
Poldowski : « Colombine »
Gabriel Fauré : « C’est l’extase »
Claude Debussy : « Mandoline », « Clair de lune »
Gabriel Fauré : « La lune blanche »
Charles Bordes : « Promenade sentimentale »
Reynaldo Hahn : « Fêtes galantes »
Léo Ferré : « Colloque sentimental »
Charles Trenet : « Chanson d’automne »

Emmanuel Chabrier : « Fisch-Ton-Kan »
Reynaldo Hahn : « L’Heure exquise »
Georges Brassens : « Colombine »

Pour en savoir plus :
Philippe Jaroussky, « Green : Mélodies française sur des poèmes de Verlaine », Label Erato / Warner Classics, sorti en CD le 23 février 2015.

Philippe Jaroussky, « Opium : Mélodies françaises », avec Jérôme Ducros, Renaud et Gautier Capuçon, et Emmanuel Pahud, Label Virgin Classics, février 2009.

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Stéphane Blemus

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