Concours international Long-Thibaud-Crespin : demi-finale et finale

9 novembre 2018 Par
Victoria Okada
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Le mercredi 7 novembre, le récital du dernier tour du Concours international Long-Thibaud-Crespin a commencé avec six finalistes :

finalistes-2018-long-thibaud-crespin
– Mayum Kanagawa, 24 ans, Etats-Unis
– Dmitry Smirnov, 24 ans, Russie
– Daniel Kogan, 23 ans, Russie/Canada
– Louisa Staples, 18 ans, Royaume-Unis
– Arata Yumi, 26 ans, Japon
– Diana Tishchenko, 28 ans, Ukreine


Demi-finale à la Salle Cortot

Lors de la demi-finale, le mardi 6 novembre à la Salle Cortot, Honoka Kishimoto (Japon, 24 ans) et Thomas Lefort (France, 24 ans) ont offert chacun une prestation remarquée et solide, qui révèle une fois de plus leurs potentiels futurs. Kishimoto excelle dans la Sonate de Debussy et Lefort se montre époustouflant dans la Caprice de Paganini. Ils auraient pu se figurer parmi les finalistes et certains regrettent de ne pas pouvoir les réentendre dans les dernières épreuves. Anna Göckel, respectueuse dans ses coups d’archets (baroque pour Telemann et moderne pour le reste du programme) et Raphaëlle Moreau qui, malgré sa belle prestation, manquait certainement d’audace, n’ont pas pu bénéficier de la faveur du jury. Diana Tishchenko, qui n’était pas particulièrement brillante aux éliminatoires, se montrait pleinement convaincante à tout point. Louisa Staples continuait à être excellente et d’une maturité déconcertante pour ses 18 ans.

Récital de la Finale à l’Auditorium de Radio France

Le finale se déroulait le 7 novembre 2018 à l’Auditorium de Radio France, en deux parties, à 15 heures et à 20 heures. Comme la demi-finale (de 10 h à 18 h), le sentiment que la journée était extrêmement chargée était partagé, la capacité d’écouter étant inévitablement diminuée à la fin du parcours. De plus, devoir jouer un programme totalement différent deux jours de suite est une cause de stress pour les candidats, qui ne peuvent pas forcément déployer les moyens techniques et musicaux qu’ils possèdent… À moins que ce soit le but des épreuves ! Le Concours mettra-t-il en place deux jours consécutifs pour remédier ces difficultés pour les prochaines éditions ? En tout cas c’est ce qu’on souhaite vivement !

Ces lourdes conditions se sont révélées bénéfiques pour Diana Tishchenko qui a nettement plus d’expériences que les autres concurrents et qui était très à l’aise tout au long du programme, alors que Louisa Staples semblait s’essouffler un peu. Arata Yumi, le dernier candidat, a commencé à jouer à 23 heures passées, et au début du Bœuf sur le toit de Milhaud (dernière œuvre du programme), sa mentonnière s’est cassée. Après avoir tenté de la réparer dans les coulisses, il a finalement terminé — magnifiquement — sa prestation sur un autre instrument. Mayumi Kanagawa, qui s’est présentée en première, a affronté admirablement l’atmosphère encore froide de la salle avec un jeu parfaitement rodé. Daniel Kogan a interprété avec beaucoup de maniérisme, en adoptant des tempos parfois très étirés, en particulier dans Le Bœuf sur le toit, qui ne sont pas toujours justifiés… Manifestation du génie ou affirmation désespérée d’idées originales et personnelles ? L’opinion est déjà divisée chez les auditeurs et on attend le verdict du jury. Dmitry Smirnov, original lui aussi (notamment sa tenue baroque de l’archet pourtant moderne, et sa sonorité imitant celle de la musique baroque même pour Autumn Rhythm de Camille Pépin en création et la Sonate de Prokofiev), mais il ouvre une certaine vision intéressante.

La proclamation du résultat aura lieu à l’issue du deuxième jour du finale concerto le 10 novembre, à l’Auditorium de Radio France.

Photo © Concours international Long-Thibaud-Crespin