Musique

Charlotte Gainsbourg sur scène

23 juillet 2010 | PAR Franck Jacquet

Après avoir joué à guichet fermé le 16 juin dernier, la chanteuse et comédienne la plus troublante de la scène française (voir notre dossier) était à nouveau sur la scène de la Cigale les 8 et 9 juillet. Un concert à guichet fermé auquel la boîte à sorties a assisté. Live-Report .


L’une des premières dates de Charlotte Gainsbourg à Paris. Mon sentiment en arrivant était partagé : on peut aduler Beck depuis « Where it’s at » – et avoir eu du retard pour « Loser ». Quelle réussite que l’album qu’il a composé pour Charlotte Gainsbourg ! Mais l’angoisse est réelle. Ne peut-on pas craindre une « Dahoite » de la part de cette chanteuse très discrète ? La salle est bondée et le public très mélangé, des trentenaires bobos trendy aux modeuses version rue de Bretagne en passant par les quinquas friands du passage de la mère de Charlotte.

Très rapidement, Charlotte arrive, la foule arrive sur la piste. L’entrée est très sobre, La présentation de même. Quelques secondes seulement et le concert débute. Pour résumer, elle confirme être une interprète de talent et appliquée. Elle ne surjoue pas, reste proche de son tabouret – trop au goût de certains, bouge effectivement peu. On ne se fera pas ici l’avocat du diable en dépeignant une artiste survitaminée qui expulse le rock et pousse la performance à corps et à cri. Ce n’est pas ce qu’on attend d’elle, ce n’est pas ce qu’elle est. Au contraire, elle incarne parfaitement l’album et les musiques pop-rock avec quelques accents indie et électro – parfois plus prononcés. Elle porte une intensité teintée de sobriété, une authenticité et un magnétisme qui enthousiasment visiblement le public, preuve de la réussite de ce passage à la scène. L’ambiance est là, elle monte progressivement mais sûrement, il n’y a guère de relâche entre les morceaux, à peine une ou deux pauses de quelques instants. La scénographie est elle-même très straight – néons lumineux autour du band – ce qui est tout aussi efficace.
Que dire des musiciens ? Ce sont les artistes travaillant avec Beck. Ils sont irréprochables, nous transportent aussi dans l’univers et les sonorités de l’album IRM. D’ailleurs l’usage des sons de l’IRM en question fonctionne parfaitement sur scène. Les accents à la Lennon de l’album sont par contre moins évidents sur scène. Charlotte Gainsbourg est l’instrument du génial compositeur – on ose souvent le mot. On le perçoit avec « Time of the assassins ». Mais quel instrument !

Après une heure et demie de concert au rythme soutenu – et malgré une chaleur épuisante – vient le moment des rappels. C’est à l’occasion du dernier que Charlotte entonne, un peu plus relâchée il faut bien le dire, « Couleur café. » Les regards se tournent vers Jane Birkin. Instant nostalgie, instant réussi et énorme émotion dans la salle. Au final, une agréable surprise puisque l’interprète parvient à réellement incarner l’album sur scène et à emporter une grande partie du public avec elle.

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Franck Jacquet

De Richard II à Richard II au sujet à vif
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Franck Jacquet
Diplômé de Sciences Po et de l'ESCP - Enseigne en classes préparatoires publiques et privées et en école de commerce - Chercheur en théorie politique et en histoire, esthétique, notamment sur les nationalismes - Publie dans des revues scientifiques ou grand public (On the Field...), rédactions en ligne (Le nouveau cénacle...) - Se demande ce qu'il y après la Recherche (du temps perdu...)

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