Musique

Chantiers d’Europe : Angélique Ionatos bouleverse le Théâtre de la Ville

Chantiers d’Europe : Angélique Ionatos bouleverse le Théâtre de la Ville

14 juin 2012 | PAR Yaël Hirsch

Dans le cadre du festival « Chantiers d’Europe », la chanteuse, compositrice et formidable guitariste grecque Angélique Ionatos proposait hier soir un hommage aux grands poètes grecs du 20ème siècle, qu’elle sa collègue, Katerina Fotinaki, ou Mikis Theodorakis ont mis en musique. Elle a ainsi offert au public du Théâtre de la Ville un récital rempli d’âme, de lettre et d’exécution virtuose. « …Un jour les rêves prendront leur revanche » furent deux heures magnifiques de voyage, où les richesses de la Grèce ont fait leur preuve par mille et applaudies par une pleine salle debout lors du salut et des bis de fin.

Angélique Ionatos entre seule en scène et bat le rythme pour une première chanson à capella dans la pénombre. Elle plante ainsi l’intensité de l’émotion de ce récital fêtant la poésie et la Grèce. Elle est bien vite rejointe par sa complice et amie, qu’elle appelle aussi avec tendresse son « Antigone », Katerina Fotinaki. Avec sa voix de soprano qui contraste avec le timbre grave de Angélique Ionatos, sa dextérité à la guitare, sa manière d’utiliser aussi l’instrument et son siège en bois comme des percussions et son talent de composition, la jeune-femme est une artiste impressionnante. Les deux femmes sont rejointes à mi-parcours par le violoncelliste Gaspar Claus. Et nous convient à un grand voyage sur la mer Égée, avec pour capitaine la poésie et notamment le prix Nobel 1979 Odysseas Elytis et aussi un peu Yannis Ritsos.

Avant chaque interprétation, Angélique Ionatos traduit pour le public, soit dans une traduction officielle, soit une traduction qu’elle fabrique sur place dans sa tête. Elle commente aussi un peu et relie parfois à l’actualité avec une pointe de tristesse, comme par exemple quand elle exprime que les grecs vivent aujourd’hui comme dans le poème de Elytis, Neroli : « Je vis au jour le jour le jour / Qui sait ce que le lendemain nous réserve? » (musique et vidéo ci-dessous). Composé d’environ 25 % de grecs et aux trois-quarts du public traditionnel du Théâtre de la Ville, le public acclame chaque mot de soutien ou de patriotisme. Cet atmosphère pro-héllène et solidaire culmine avec la mise en musique par Katerina Fotinaki d’un poème de K. Palamas datant de 1915 et déplorant la Première Guerre mondiale en Europe : « Evropi ».

Et, au bout de deux heures de voyage au bord du « bateau fou », où Angélique Ionatos et ses deux camarades ont démontré d’immenses talents de conteurs, de compositeurs et une maestria envoûtante dans l’interprétation, le récital se clôt par un « Soleil de justice » signé Elytis et Théodorakis qu’une partie de la salle reprend en chœur. Les bis suivent, portés avec cœur, et Angélique Ionatos finit comme elle a commencé : avec un a capella qui fait des frissons d’intensité dans le dos des spectateurs.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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