Musique

CD : Root for Ruin, de Les Savy Fav

23 novembre 2010 | PAR La Rédaction

Il y a certains groupes pour lesquels nous sommes capables d’oublier toutes considérations sociales ou économiques, en se retrouvant à moitié nu au centre de la salle avant d’allez acheter douze articles au stand de merchandising. Les Savy Fav en fait partie. Alors, si vous avez raté l’occasion de voir un des plus beaux concerts de cette fin d’année, ou si vous voulez simplement découvrir un groupe qui vous poursuivra jusque dans vos délires les plus invraisemblables, jetez-vous sur Root for Ruin.

Après Inches, une compilation de différents titres enregistrés un peu partout aux USA (première parution à la suite de trois albums),  un premier album Let’s stay friends salué à l’unanimité, ce barbu de Tim Harrington et sa tribu reviennent rechargés à bloc après trois années pour livrer ce petit bijou : Root for Ruin. Comme dans l’album précédent, ces barjots newyorkais et leur maîtrise incontournable de la dissonance signent un album où ce cinglé de Harrington est capable de pousser des cris de colère comme de chanter de douces mélodies.

Inspirés par Fugazi, guitares stridentes et méchants arrangements vocaux font de ce Root for Ruin un album plus qu’intéressant de la scène post-hardcore actuelle. On aurait aimé qu’At the Drive-In connaisse une égale longévité à celle de Les Savy Fav, qui joue depuis quinze ans. On pourra, à l’écoute de Root for Ruin et en étant assez intransigeant, être légèrement déçu d’une prise de risque moins importante que sur l’album précédent… et encore…

Si vous n’avez donc pas pu apprécier le magnifique déhanché, les guêtres multicolores et les crises d’épilepsie de Tim  Harrington samedi dernier au Nouveau Casino où, encore une fois, ces cinq messieurs ont donné un énorme concert (à se demander si le chanteur ne préfère pas être dans la salle que sur la scène), il ne vous reste plus qu’à vous pencher sur cet album qui atteint vraiment son apogée à partir d’un « Poltergeist » rappelant les Liars, pour enchaîner sur un « High and Unhinged » mélodique et un « Excess Energies » dont le titre parle pour lui-même.

A écouter… Et vite !

François-Xavier Delaby

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