Musique

CD : Baddies, la nouvelle merveille du rock britannique

03 novembre 2009 | PAR Mikaël Faujour

Do the Job, premier album des Baddies s’avère l’un des meilleurs disques pop rock de l’année. Un sens de la mélodie incisif des riffs accrocheurs : le groupe est une des révélations de l’année.

Eu égard à la profusion du rock anglais de cette décennie, les dithyrambes les plus sincères, même méritées, sont toujours quelque peu suspectes… Pourtant, à écouter les Baddies, il est simplement impossible de ne pas s’enthousiasmer. Jubilant, dynamique, le premier album de ce groupe de Southend (d’où viennent aussi The Horrors), Do the Job, pourrait fournir une demi-douzaine de singles de même niveau. Pop nerveuse, rock enlevé, changeant et dynamique, le son des Baddies est aussi divers qu’astucieux, aussi direct qu’intelligemment composé.

Il y a le sens du groove puissant et lourd des Queens of the Stone Age, le dynamisme jubilant du meilleur Franz Ferdinand, des touches de Clash, de Klaxons (avec de remarquables et inventives harmonies vocales), de Talking Heads. Soit une combinaison d’énergie punk, voire metal (mais oui, mais oui, les gars ont adoré Motörhead et System of a Down), tempérée par une inclination arty post-punk, un sens de la mélodie et du rythme redoutables, et une fraîcheur qui n’est pas celle de la jeunesse maladroite, mais celle d’un groupe qui a su canaliser avec brio toute sa vive et débordante énergie.

Et le résultat est un album aussi riche, dansant et captivant qu’il est varié. Voilà une musique qui parle directement au corps, qui l’anime, qui enthousiasme, qui exalte, sur laquelle on veut danser comme un gamin à son premier concert de rock. Écoutez un peu ces pépites de rock que sont le single « Battleships » (voir ci-dessous), « We Beat Our Chests » (ou la rencontre improbable des Queens of the Stone Age et de Gang of Four), le second single « Open One Eye » ou encore « Who Are You ? » : vous verrez qu’on affaire là à une authentique sensation pop.

Les mauvais plaisants diront que l’album est trop lourd dans son ensemble, dépourvu d’accalmies. Il est vrai que le groupe joue à un tempo rapide, que la basse, lourde, est très présente, qu’une réelle frénésie nourrit plusieurs morceaux (l’ouverture de « Tiffany… I’m Sorry », qui fait penser à des Kaiser Chiefs menés au chant par Jello Biafra ; le punky « Holler For My Holiday » ; ou un « Pisces » dont la basse ronde, nerveuse et entêtante rappelle le « Ace of Spades » de Motörhead)…

Que ce soit avec l’album dans sa totalité – dont les morceaux moins forts restent très entraînants – ou à la force de quelques morceaux particulièrement bien ciselés, les Baddies ne sauraient laisser indifférent. Pour notre part, nous saluons avec enthousiasme cette musique impeccablement construite, parfaitement jouissive, dont les mélodies traînent avec bonheur dans la tête et qu’on se prend à siffler avec joie. Voilà encore un groupe à suivre et auquel nous souhaitons tout le succès qu’il mérite.

Baddies, Do the Job, Medical Records, 2009.


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Mikaël Faujour

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