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Agar Agar : « On ne s’est jamais pris au sérieux… »

Agar Agar : « On ne s’est jamais pris au sérieux… »

09 juillet 2019 | PAR Pierre-Lou Quillard

C’est sur la « main stage », la grande scène de la Citadelle d’Arras que s’est produit le duo parisien ce samedi après-midi à l’occasion de la 16 ème édition du Main Square Festival. Clara Cappagli au chant et Armand Butheel aux synthés ont fait du chemin depuis la sortie de leur premier single en 2016. Une chose est certaine, Agar Agar n’arrive pas hagard sur scène et emporte tout de suite le public avec lui dans une électro planante et sensuelle. Toute la Culture les a rencontrés 2 heures avant leur concert pour une interview exclusive dans la cour très privée des artistes. 

Toute la Culture : Bonjour et merci de nous accorder cette interview. Plusieurs sites vous classent dans un genre « électro/pop ». Ça vous convient ? Comment vous définiriez-vous avec vos propres mots à un public qui ne vous connaîtrait pas ?

Armand : Personnellement, ça m’est égal. S’il fallait nous classer pour donner une sorte de rapide aperçu de ce qu’on fait à des gens qui ne connaissent pas du tout, pourquoi pas. Prenez des mots que les journalistes utilisent… « sing pop ». Mais au final, ça ne parle pas de notre musique. C’est un peu réducteur… Mais on finit par y être habitués et on a appris à ne plus y faire attention.  Je pense que nous, depuis le début, nous n’essayons pas trop de nous définir par nous-même. Ce serait une erreur de vouloir se positionner d’ores et déjà dans une sorte de genre, parce qu’ensuite, ça nous pousserait à obéir à un cadre que l’on se serait posé et ce serait dommage.

J’ai lu que vous aviez eu l’idée de votre nom de groupe alors qu’Armand élevait des fourmis ?

Armand : Oui, il y a une histoire derrière ce nom. Je connaissais ce mot parce que j’ai élevé des fourmis pendant longtemps et il y a une ancienne recette créée par les scientifiques qui étudient les fourmis, qui utilise de l’Agar-Agar…  une gélatine végétale. Et ça m’a permis en y ajoutant des ingrédients de faire une préparation pour les fourmis. Maintenant, quand il a fallu trouver un nom de groupe, un jour, il y a ce mot qui résonnait en moi qui a été proposé… Et ensuite, c’est aussi tout ce que ça évoquait comme image derrière…

Justement, quel lien faites-vous entre cette matière et votre musique. Voyez-vous une comparaison avec votre mission de musiciens qui serait de nourrir les foules de votre musique ?

Clara : Non, non mais on trouvait beau le fait que ce soit le nom d’une matière qui peut se déformer, se transformer à volonté. C’est juste cette idée-là qui nous a plu.

Vous vous êtes rencontré en école des Beaux-Arts, à Cergy. C’est vous qui avez dessinés les pochettes de vos singles ?

Non, on a fait appel à un duo d’illustratrices françaises très cool qui s’appellent Groduk et Boucar et un illustrateur qui s’appelle Keith Rankin sur la pochette de The Dog and the future et qui est le fondateur de Orange Milk Records, un label de musique électronique. Il fait toutes ses pochettes d’album lui-même et beaucoup de pochettes dans ce milieu.

On sent que votre image, dans les clips, la promo, vos tenues est très contrôlée ?  Est-ce que l’aspect graphique/visuel est important dans votre musique ?

Clara : Je pense que ce qui est important, c’est de diriger ça nous-même, d’avoir une main mise là-dessus et d’avoir quelque chose qui nous ressemble.

Armand : On a des idées, on en discute.  Ça nous passionne. Ça nous donne envie de mettre des choses en œuvre. Mais ça ne nous empêche pas de faire appel à des artistes extérieurs.

Une autre dimension de la galaxie Agar Agar que l’on veut aborder avec vous, c’est l’humour. Malgré vos visages souvent impassibles ou flegmatiques comme on peut les voir dans certains de vos clips, l’humour et la folie semblent être un aspect marquant de votre univers.  Vous en train de ruiner le tapis sous la caméra d’Antonin Peretjako par exemple… Comment l’avez-vous rencontré ? 

Armand : On l’a rencontré parce qu’on voulait tourner un clip. On avait déjà une idée bien précise de ce qu’on voulait. Il se trouve qu’il était disponible à ce moment-là et qu’il était partant pour ce projet…

Clara : On ne pensait pas qu’il allait dire « oui ». On est des grands fans de son travail et… comme c’est quelqu’un qui est dans le cinéma, un univers bien différent… Il y a les réalisateurs de clips, et le cinéma. Ce n’est pas les mêmes productions. Et en fait, il a répondu. C’était une belle surprise !

Armand : C’est super parce qu’on voulait mettre de l’humour dans ce clip. Et il a aussi mis son humour à lui là-dedans. Et il a réussi à bien imprégner ça.

Clara : Il a réussi aussi à nous convaincre de nous mettre en scène, ce qui n’était pas gagné non plus au départ. A partir du moment où il nous a demandé de nous mettre en scène mais d’un point de vue humoristique, nous on a signé …

Humour que l’on retrouve avec cette photo de vous déguisés en chien pour votre promo. Vous avez-mouillé la chemise là… 

Clara : Oui, d’ailleurs, j’ai été très malade la semaine d’après. On a été littéralement « à poils » pendant longtemps … toute une après-midi. C’était un peu rude.

Armand : Oui, il fallait que l’on renouvelle un peu notre pack de photos de presse. On n’était plus très satisfait des anciennes photos où on avait l’air un peu sérieux parfois… On voulait quelque chose qui nous ressemble plus avec de l’humour et de la légèreté. On ne s’est jamais pris au sérieux… Même si certains de nos morceaux traitent de sujets sérieux.

Vous chantez presque qu’exclusivement en anglais ? C’est pour toucher un public plus international ? C’est la langue qui vous paraît être la plus appropriée pour raconter ce que vous voulez exprimer ?

Clara : Non, c’est comme tout le reste. C’est quelque chose qui est venu très instinctivement entre nous deux quand on a commencé à faire de la musique. On ne s’est pas posé la question de la langue. Comme c’est moi qui écris la plupart des paroles et que j’écris en anglais depuis que je suis petite, parce que j’ai commencé à faire de la scène en Amérique… Et d’un point de vu vocal, phonétique, de la prononciation des mots, pour moi, c’est beaucoup plus agréable de chanter en anglais. Je trouve que le français, c’est plus délicat. Je pense que je me mettrais plus de contraintes en termes de langage, de grammaire … contraintes qui ne sont pas les mêmes dans une langue qui ne m’appartient pas, avec laquelle je n’ai pas grandi.

Quelles références nourrissent votre musique et votre univers ?

Clara : Je pense que tous les deux dans ce projet-là, c’est beaucoup de visuel, de jeux vidéo, de cinéma… plus que de la musique en fait. C’est vrai que musicalement, on n’a pas les mêmes références de base. Un artiste qu’Armand m’a fait découvrir et que j’aime beaucoup, c’est Bernard Fèvre. Au niveau de la performance scénique et de la voix, j’aime beaucoup Ariel Pink. Cette invention loufoque dans ses sonorités et son attitude. Il m’a vraiment mis une claque quand je l’ai découvert.

Armand : C’est marrant parce que je suis plutôt attiré par des personnages à l’opposé de ça. Des personnages plutôt flegmatiques dans leur manière de se représenter sur scène, qui ont tendance à exprimer que leur personne n’est pas importante sur scène. Ça nous donne cet espèce de jeu dichotomique entre un claviériste immobile et concentré sur son travail musical, le fait d’appuyer sur les boutons … Et puis une chanteuse performeuse beaucoup plus expressive, beaucoup plus ouverte.

Un mot sur vos projets ? C’est quoi la prochaine étape ? Un futur album en prévision ?

Clara : On va surtout recommencer à composer. On a pas mal tourné cette année. Mais on part sans intentions trop figées pour l’instant.

Merci de nous votre accueil et excellent concert…

 

Propos recueillis par Pierre-Lou Quillard le 06/07/2019 dans la cour artiste du Main Square festival

 

Retrouvez toute l’actualité de ce groupe sur  : https://www.crackirecords.com/artist/agar-agar/

 

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