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La noblesse à l’écran: Entre moquerie et flagornerie

La noblesse à l’écran: Entre moquerie et flagornerie

07 janvier 2012 | PAR LLT

Depuis les années 1970, la télévision ne cesse de s’attarder sur les grands aristocrates de ce monde. Que ce soit Arthur, Henri VIII ou encore la noblesse du début du 20e siècle. Pourquoi un tel engouement ? Comment les différentes générations traitent ce sujet si mystérieux et si envoutant ?

Les séries télévisées sont devenues un réel fait de société et surtout une énorme industrie. Le pilote de la série Lost a coûté plus de 24 millions de dollars. Charlie Sheen, la star de Mon Oncle est Charlie rafle près d’1,25 million de dollars par épisode en 2010. La petite lucarne amasse des sommes astronomiques et s’intéresse à tous les sujets: la médecine, les tueurs en séries, les femmes au foyer et même l’aristocratie.

Dans les années 1980, période phare, le communisme est en berne, les français élisent un homme de gauche et certaines séries télévisées se moquent ouvertement de l’aristocratie, le symbole des générations antérieures. En France, Jean Michel Ribes, directeur actuel du Théâtre du Rond Point, réalise en 1988 Palace. Une série en six épisodes de 90 minutes qui met en situation les gens de la Haute dans une sorte d’hôtel luxueux. On peut y voir Daniel Prevost, Gérard Lanvin, Roger Hanin ou encore Valérie Lemercier en Lady Palace. Les scénettes sont plus loufoques les unes que les autres et la haute bourgeoisie est analysée, critiquée, décryptée avec un humour très efficace. (voir le top 10 des sketchs de Palace).

De l’autre côté de la Manche, et quelques années auparavant, c’est Terry Gilliam et Terry Jones qui descendent les valeurs et l’apparente morale de la bourgeoisie britannique avec les Monty Python. Dans Le sens de la vie, Mister Gilliam et sa troupe peignent un portrait tout en sixième degré de la bourgeoisie et de ses excès. Et particulièrement dans le sketch de fin. Un énorme et ventripotent bonhomme, Mr.Créosote, vient dîner à sa table habituelle dans un restaurant gastronomique français. La suite, certains d’entre vous la connaissent : le serveur ne cesse d’apporter des seaux que le cher Créosote rempli de vomi jusqu’à déposer littéralement ses tripes sur la table. Et là, tous les clients, tirés à quatre épingles, se mettent eux aussi à régurgiter leur repas. La scène est culte et décrit à la perfection une société sur le déclin.

 

Pendant cette période de créativité et d’inventivité cathodique, les caricatures acerbes de la noblesse et de l’aristocratie, ne sont pas les seules séries télévisées historiques. Certaines se veulent plus historiques et moins ironiques que les Monty Python et que Palace. Les Rois Maudits, adaptation de Maurice Druon, membre de l’académie française, retrace l’histoire de Philippe le Bel, de sa descendance et de la fin de la dynastie des Capétiens. Réalisée en 1972, la série a connu une nouvelle adaptation en 2005 avec en tête d’affiche Jeanne Moreau, Gérard Depardieu et Philippe Torreton.

Les années 2000 s’amourachent elles aussi du sang bleu. Les Tudors, crée en 2007 et Borgia, en 2011 en sont la preuve télévisuelle. Mais cette décennie traite d’une façon totalement différente l’histoire de nos aristos. D’une façon plus sérieuse, comme une sorte de fiction pédago-dramatique où se mêlent faits historiques, soif de pouvoir, globules rouges à foison et jeux charnels. Par exemple, dans Borgia, vous en apprenez autant sur la vie du Pape que sur les orientations sexuelles de l’époque. La série raconte l’ascension du cardinal Borgia au pouvoir papal. Bien sûr, il a un léger problème, c’est un accro aux plaisirs défendus. Vous prenez du sexe, du pouvoir et de l ‘hémoglobine, vous passez ça au shaker Canal + et ça donne un programme bankable.

 

La série Les Tudors, elle, met en scène la vie, amoureuse essentiellement, d’Henri VIII. Avec Jonathan Rhys Meyers dans le rôle principal et Joss Stone alias Anne de Clèves, la série a remporté quatre Emmy Awards.

 

En revanche, une série française actuelle assène avec humour des coups de glaives à l’Histoire. Il s’agit de Kaamelott d’Alexandre Astier. Elle peint le portrait loufoque du roi Arthur et le quotidien burlesque de la cour. La série est restée plus de quatre ans sur vos écrans et en tout et pour tout, plus de 450 épisodes ont été diffusés. La cour du Roi Arthur version française, ça fonctionne aussi.

Contrairement aux séries des années 80 qui critiquent et décortiquent l’aristocratie, les séries de la décennie 2000 sont beaucoup plus penchées sur le récit et la psychologie des personnages. Peut-être que les jeunes des eighties ont plus de culture et plus de capacité d’abstraction que la génération actuelle? Les enfants d’internet ont-t-ils le cerveau si ramolli qu’ils en ont perdu leur capacité de critique? Pourquoi ont-ils besoin qu’on leur (pré)mâche tout et n’importe quoi? Vous ne préféreriez pas voir les Monty Python en prime time plutôt qu’une série qui parle d’un docteur qui trouve des maladies improbables et rarissimes à des patients ?

 

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LLT

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