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Un angle percutant : stérilité et adoption dans Le jour où j’ai rencontré ma fille d’Olivier Poivre d’Arvor

Un angle percutant : stérilité et adoption dans Le jour où j’ai rencontré ma fille d’Olivier Poivre d’Arvor

16 août 2013 | PAR Marie Boëda

« Le jour où j’ai rencontré ma fille » d’Olivier Poivre d’Arvor relate le cheminement tardif du désir d’être père. Une œuvre autobiographique dans laquelle le directeur de France Culture n’hésite pas à entrer dans des confessions intimes, sur un sujet très peu abordé et qui constitue le déclencheur de son histoire, la stérilité masculine. On prend alors conscience  d’une souffrance souvent occultée, celle des hommes en mal d’enfant. Comment, muni d’une volonté presque divine, l’auteur a su prouver qu’il était le père d’Amaal, une togolaise orpheline ? C’est un livre singulier, humble et courageux à lire dès septembre 2013 aux éditions Grasset.  

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«Notre génération se caractérise, si l’on en croit des études anglo-saxonnes réputées sérieuses, par une diminution dramatique du taux de spermatozoïdes comme par un manque croissant de mobilité du sperme. Telle est génétiquement résumée, l’histoire de ma vie». La cinquantaine entamée, Olivier Poivre d’Arvor prend conscience d’une chose, qu’être père représente un de ses désirs les plus profonds. Il a d’abord fallu confirmer scientifiquement pourquoi après tant de rapports sexuels, dont certains non protégés et sans contraceptif, aucun enfant n’avait daigné venir au monde. Un souci manifeste d’être vrai et une écriture limpide et expressive nous impliquent dans son histoire qui sonne juste. Nous sont dévoilées, en prenant la forme de confessions, les différentes relations entretenues avec les femmes qui aurait pu lui donner des enfants. On comprend vite qu’une certaine complaisance dans cette ignorance de sa stérilité s’était installée dans la vie du diplomate. Il est difficile de ne pas être émue par ce « cœur à cœur », témoignage qui soulève l’inégalité des sexes en matière de filiation.

C’est une azoospermie certifiée et une discussion fortuite qui l’ont poussé à voler jusqu’au Togo pour nouer un lien impérissable  avec une orpheline togolaise de 7 ans, Amaal. L’auteur se met à nu et assume, grâce à cet écrit à la première personne du singulier, les formalités et les jugements souvent embarrassants qui ont accompagné la découverte de sa stérilité et la concrétisation de l’adoption. Paperasse interminable décrite dès le début du livre, il lui a fallu deux ans pour enfin pouvoir offrir à Amaal un toit dans son nouveau pays. Les nombreuses étapes décourageantes et parfois injustes dans le processus d’adoption décrites dans ce récit révèlent les failles qui réduisent les chances d’orphelins à grandir dans une famille. En extrapolant ce témoignage, il est possible d’y percevoir un plaidoyer en faveur de l’adoption par les couples d’homosexuels. Témoignage qui contribue de manière franche et originale à l’actualité.

En tant qu’ancien diplomate spécialiste des échanges culturels internationaux, les nombreuses relations qu’il a construites sont disséminées sur tous les continents. Elles ont été indispensables dans sa quête de la paternité.  L’Afrique, continent aussi vaste que varié, semble avoir été dès le début choisie par l’auteur. Connaisseur par son travail de la diversité culturelle qu’englobe le continent, Olivier Poivre d’Arvor a rencontré Amaal grâce à Pierre. Cet habitant de Lomé au Togo avait pris en charge une orpheline dont il savait que sa place était ailleurs. Des rencontres irremplaçables ont permis à Amaal et à son père de vivre leur histoire en commun comme Freddy Anono, Gustave ou Aqueruburu. C’est ce dernier qui lui a annoncé par téléphone ce lundi après-midi en pleine réunion à la radio « Bon, ça y est ! J’ai le truc ! … Oui le jugement… Vous êtes le papa de la petite ».

(c) couverture livre.

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Marie Boëda

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