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Roman policier : l’oiseau de mauvais augure, de Camilla Läckberg

04 juin 2010 | PAR Yaël Hirsch

Erica Falck est sur le point de se marier. Mais entre les déboires de sa sœur, les pressions de sa future belle-mère et les enquêtes de son promis, le commissaire Patrik Hedström, l’organisation des festivités est plus que difficile… Après « La princesse des glaces », « Le prédicateur » et « Le tailleur de pierre » Camilla Läckberg, la jeune maîtresse du polar suédois est de retour chez Actes Sud… pour notre plus grand plaisir.

La petite ville de Tanumshede (ouest de la Suède) est en ébullition : une fameuse émission de téléréalité va focaliser l’attention de tout le pays sur la petite bourgade. Au commissariat, Patrik Hedström ne chôme pas : il faut assurer la quiétude du tournage de ce big brother provincialisé, accueillir une nouvelle recrue très ambitieuse, Hanna Kruse, et un accident ayant lieu le matin de l’ouverture s’avère être un meurtre. Comment le fringant commissaire de 35 ans va t-il trouver le temps de choisir son costume de mariage pour convoler en juste noces avec sa douce Erica Falck, elle-même très occupée par leur fille, sa sœur traumatisée, et les deux enfants de celle-ci ?

Digne héritière d’Henrik Mankell et Stieg Larsson, Camilla Läckberg perpétue avec talent la tradition du polar suédois. Le lecteur se réjouit de retrouver les personnages de l’auteure et leur routine toujours bouleversée par une série de meurtres, ainsi que l’exotisme à la fois dépaysant et proche d’un pays européen où l’égalité des sexes règne, tant que l’esprit de province ne jette pas l’opprobre sur l’homosexualité. Et Läckberg apporte une touche de contemporanéité à sa galerie de personnages immuables, avec la discrète mais incisive critique d’un jeu débile de téléréalité que les cadavres n’arrêtent pas. L’auteure décrit les participants paumés de jeu avec maestria, soulignant les types dans lesquels on les classe, mais ajoutant une touche d’empathie à ce constat. On comprend dès lors pourquoi et comment des jeunes gens d’aujourd’hui désirent avidement sortir de leur routine pour briller- même sous forme de caricature- sur les petits écrans de leur public.

Camilla Läckberg, « L’oiseau de mauvais augure », trad. Lena Grumbach et Catherine Marcus, Actes Sud, collection « Actes noirs », 366 p., 22 euros, sortie française le 5 mai 2010.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

One thought on “Roman policier : l’oiseau de mauvais augure, de Camilla Läckberg”

Commentaire(s)

  • GUEGUEN Paul

    L’Oiseau de mauvais augure est un piètre roman à l’intrigue décousue, invraisemblable. Les personnages sont caricaturaux, sans substance. Comme l’inspecteur, ils sont tous fatigués, usés d’avoir servi dans un cadre professionnel ou familial. Le style est horriblement lourd et peu homogène. Faut-il l’imputer à la traduction ? Camilla Läckberg parcourt sans aucune grâce des sentiers battus.

    juin 14, 2010 at 14 h 38 min

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