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Pulsations de Julian Barnes: un portrait drôle et émouvant de la société anglaise

Pulsations de Julian Barnes: un portrait drôle et émouvant de la société anglaise

04 février 2013 | PAR Alice Dubois

Auteur anglais né en 1946, Julian Barnes a suivi des études de journalisme à l’université d’Oxford avant de se consacrer entièrement à la création littéraire. C’est en 1980 qu’il écrit son premier roman, « Metroland ». Aujourd’hui, ses romans, nouvelles et essais sont traduits en plus de 30 langues. Il est le premier auteur étranger à recevoir le prix Médicis grâce à son roman « Le Perroquet de Flaubert », publié en 1986. Il vient d’être honoré du très prestigieux Man Booker Prize (équivalent de notre Goncourt) pour son roman « Une fille, qui danse ». Avec Pulsations, recueil de nouvelles, Julian Barnes nous offre des clichés acides et émouvants d’une société anglaise qu’il connait si bien.

 

Pulsations regroupe quatorze nouvelles truculentes qui abordent des thèmes aussi divers et intemporels que l’amour, la politique, l’amitié, la mort. Elu meilleur recueil de nouvelles en 2011 par la rédaction du magazine Lire, il est dédié à Pat Kavanagh, l’épouse de l’auteur aujourd’hui décédée. Plongeant le lecteur au cœur de la classe moyenne anglaise, entre gens de bonne compagnie, Julian Barnes dresse le portrait d’une société parfois touchante, souvent absurde avec un humour so british efficace. De l’amitié féroce de deux vieilles dames, au quotidien d’un couple bien établi, en passant par les errances amoureuses d’un quinquagénaire divorcé, il évoque la multitude des sentiments humains qui font de l’homme un spécimen bien curieux !

 

Le recueil est divisé en deux parties. La première plus légère et bien plus drôle nous présente une panoplie de personnages loufoques et attendrissants. La série des « Chez Phil & Joanna » a notre préférence. En trois nouvelles, l’auteur dresse le portrait d’un groupe d’amis bobo qui discutent après dîner. L’alcool et la suffisance de chacun donne un ton absurde aux conversations. Chacun croit tout savoir sur tout et rien ne leur échappe: Obama, la prostate et le sexe. C’est terriblement drôle et piquant.

Dans la deuxième partie, Julian Barnes écrit sur l’intime.  Il y parle surtout d’amour. La nouvelle  intitulée « Complicité » évoque la naissance du sentiment amoureux avec délicatesse et mélancolie. Le souvenir de Pat Kavanagh ne semble jamais bien loin…

 

Pulsations est un recueil à découvrir. Julian Barnes saisi sur l’instant ces petits riens qui font les grandes histoires. Comme des clichés pris sur le vif, il nous dévoile une Angleterre pleine de contradictions où chacun tente de survivre face aux autres et surtout face à ses propres émotions.

 

Pulsations de Julian Barnes. Traduit de l’anglais par Jean-Pierre Aoustin. Editions Gallimard, Collection Folio. Janvier 2013. 329p. Prix : 7,5 €

 

 


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Alice Dubois
Alice a suivi une formation d’historienne et obtenu sa maitrise d'histoire contemporaine à l'université d'Avignon. Parallèlement, elle est élève-comédienne au Conservatoire régional d'art dramatique de la ville. Elle renonce à son DESS de Management interculturel et médiation religieuse à l'IEP d'Aix en Provence et monte à Paris en 2004 pour fonder sa propre compagnie. Intermittente du spectacle, elle navigue entre ses activités de comédienne, ses travaux d'écriture personnels et ses chroniques culturelles pour différents webmagazines. Actuellement, elle travaille sur un projet rock-folk avec son compagnon. Elle rejoint la rédaction de TLC en septembre 2012. Elle écrit pour plusieurs rubriques mais essentiellement sur la Littérature.

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