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Nouvelle enquête sur la mort de Pablo Neruda en 1973

06 juin 2011 | PAR Coline Crance

Une plainte a été déposée mardi pour l’ouverture d’une enquête sur la mort du prix Nobel de littérature Pablo Neruda en 1973, à la suite de témoignages mettant en doute son décès à la suite d’un cancer et évoquant un assassinat commandité par la dictature.

La plainte a été déposée par le député et dirigeant du Parti communiste Guillermo Teillier auprès du juge Mario Carroza: ce magistrat est déjà en charge de l’enquête rouverte sur la mort du président Salvador Allende lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973, qui a donné le coup d’envoi de la dictature d’Augusto Pinochet.

 

Selon la version officielle, l’écrivain-diplomate Neruda, ami d’Allende, est décédé peu après le 23 septembre, d’une aggravation d’un cancer de la prostate, dans une clinique de Santiago où il avait été hospitalisé. Début mai, l’ancien secrétaire et chauffeur de Neruda, Manuel Araya, a affirmé qu’il avait été assassiné pour éviter qu’il ne devienne, depuis l’exil, un opposant de renom à la dictature qui a duré jusqu’en 1990. Selon Araya, qui était au chevet du poète les derniers jours, Neruda lui avait confié avoir été alarmé par une mystérieuse piqûre administrée en pleine nuit par un médecin de la clinique.Un autre témoignage, celui de l’ancien ambassadeur du Mexique au Chili Gonzalo Martinez, qui avait rendu visite à Neruda la veille de sa mort, a accentué le doute, a déclaré l’avocat du PC Eduardo Contreras.

Selon ce diplomate, Neruda, loin d’un état clinique désespéré, « avait pu discuter tranquillement, se déplacer dans sa chambre, échanger des opinions politiques, évoquer les choses qu’il entendait emmener au Mexique », pour lequel il venait d’obtenir un laissez-passer.

« Ces conjectures et témoignages obligent à déposer une plainte, d’un point de vue éthique, moral et juridique », afin de faire la lumière sur la mort du poète, a expliqué Contreras.

Assassiné ou mort naturellement, Pablo Neruda laisse une oeuvre immense qui ne perd jamais de son actualité. Son inhumation avait donné lieu à un manifestation contre la terreur militaire. La voix d’un poète ne peut jamais se taire.  Son dernier autobiographie  » J’avoue que j’ai vécu », publié à titre posthume en 1974 exprime l’esprit de paix et l’amour fulgurant de Pablo Neruda pour la vie et fait écho à ce « devoir de moral » exprimé aujourd’hui par les autorités :

«Je veux vivre dans un pays où il n’y a pas d’excommuniés.
Je veux vivre dans un monde où les êtres seront seulement humains, sans autres titres que celui-ci, sans être obsédés par une règle, par un mot, par une étiquette.
Je veux qu’on puisse entrer dans toutes les églises, dans toutes les imprimeries.
Je veux qu’on n’attende plus jamais personne à la porte d’un hôtel de ville pour l’arrêter, pour l’expulser.
Je veux que tous entrent et sortent en souriant de la mairie.
Je ne veux plus que quiconque fuie en gondole, que quiconque soit poursuivi par des motos.
Je veux que l’immense majorité, la seule majorité : tout le monde, puisse parler, lire, écouter, s’épanouir. »

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Coline Crance

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