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Les Sept églises, le thriller néo-gothique tchèque de Milos Urban

06 janvier 2011 | PAR Yaël Hirsch

Connu sous le pseudonyme de « chevalier noir de la littérature », Milos Urban s’est fait remarquer en 1999 avec un thriller culte qui puise aux sources moyenâgeuses de Prague l’envoûtante. Le roman est enfin disponible en français, au Diable Vauvert, à partir du 5 janvier prochain.

Honteux de son nom et son prénom, celui qui se fait appeler K est un historien raté qui finit par trouver un travail dans la police. Mais dès sa première mission comme garde du corps, il échoue à protéger une vieille dame qui avait reçu des lettres de menace. K est alors viré de la police… Jusqu’à ce qu’un mystérieux noble d’origine allemande le réquisitionne auprès de son ancien chef pour le guider en tant qu’historien dans son tour des églises de Prague. Le meurtre de la vieille Dame n’est pas isolé : il appartient à toute une série d’assassinats spectaculaires où pendus, désossés et enterrés vifs se succèdent. K a sa petite idée sur les motivations de cette série de crimes non revendiqués.

Extrêmement référencé, aussi bien en données historiques du XIVe siècle qu’en citations de TS Eliott, de Karl Kraus et d’auteurs tchèques, « Les sept églises » est une sorte de Da Vinci code sans chiqué, intelligent et résolument postmoderne. Miloš Urban ballade son lecteur sur les pas de K avec érudition dans un Prague mystérieux aux résonances historiques – médiévales, mais également période soviétique- envoûtantes. Le personnage principal est terriblement attachant et on est de tout cœur avec lui quand il se débat dans une ville tortueuse, contre tous et contre lui-même…
Beaucoup d’élégance, une large dose d’ironie, un zeste de surréalisme, et des illustrations expressionnistes font le succès de ce beau roman.

Miloš Urban, « Les sept églises » , trad. Barbora Faure, Au Diable Vauvert, 496 pages, 22 euros. Sortie le 5 janvier 2011.

« Je crois dur comme fer que c’est justement la décoration qui transforme un bâtiment en véritable habitation; le moindre blaireau aménage son terrier de manière purement utilitaire car il ne se rend pas compte qu’il n’habite qu’un trou creusé dans le sol. Qu’une demeure aussi simple soit fonctionnelle, rien à redire, mais un architecte doit-il obéir au principe d’un terrier de blaireau? » p. 259

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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