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« Le Bruit de tes pas », le premier roman enragé de Valentina d’Urbano

« Le Bruit de tes pas », le premier roman enragé de Valentina d’Urbano

05 août 2013 | PAR Fatima-Ezzahrae Touilila

La jeune italienne Valentina D’Urbano signe son premier roman « Le bruit de tes pas », le récit  enflammé, nerveux et court, d’une très belle amitié.

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Dans « la Forteresse » surnom de  la banlieue romaine, rocailleuse, aride, matraquée  de soleil, se sont établis, dans des appartements squattés, puis cédés par le temps, la narratrice Béa et sa famille, plus haut,   Alfredo  qui vit avec ses deux frères et un père ivrogne qui s’acharne sur leurs êtres frêles et blonds, entre deux instants d’ébriété . Entre les deux enfants s’installe très vite une amitié qui les ligote l’un à l’autre, à tel point que dans le  quartier, on les appelle les  jumeaux. Ils partagent tout : leur lit, leur mère, les coups, poussent comme deux mauvaises herbes, dans cette ville où personne ne veut d’eux. Mais l’adolescence , et les premieres manifestations  d’indépendance de ce corps qu’ils ne reconnaissent plus,  puis l’âge adulte et sa réalité brutale et violente ne cessent de les chahuter, les jetant loin de l’autre, les rapprochant sans cesse, les amenant à interroger une relation souvent  chaotique, faite de sang, de rage,  d’amour batailleur et inlassable.

« Le bruit de tes pas » est certainement le récit d’une histoire puissante, profonde et attachante, menée d’une plume enflammée et nerveuse, parcourue de morceaux de poésie en prose, d’une  beauté sûre. Intense et passionné ,  comme écrit d’un seul jet, comme rédigé sur une émotion forte et douloureuse  encore palpable à la lecture du roman, qui nous installe dans une tension, que la brise des pages parcourue est loin d’étioler.

Se voulant néo-réaliste, l’écrivaine donne à voir des scènes crues , mais qui restent enveloppées d’un film romantique. La mise en scène, l’assemblage provoqué, nous éloigne de la  spontanéité du réalisme et de l’aspect documentaire qui en font le charme. Le hiatus entre le niveau de langue parfois ponctuée de grossièretés en équilibre précaire, la condition narrée des personnages et leur condition sociale,  fait que l’ouvrage résonne parfois faux. La vision de « la Forteresse » et de ses habitants qui émane du livre, ne semble être autre que celle d’une passionnée, qui voit en ces êtres les contours de l’héroïsme, des âmes immenses.  Accablés de destinée trop grande, de passions  tenaces, ses personnages  se font les acteurs un peu trop frêles et irréels d’une tragédie qu’ils peinent à rattraper.

« Le Bruit de tes pas » de Valentina D’Urbano, chez Philippe Rey en librairie de 5 septembre.

Visuel: couverture du roman « Le bruit de tes pas » Valentian D’Urbano chez Philippe  Rey

 

 

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Fatima-Ezzahrae Touilila

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