Fictions

« La Séparation » : Sophia de Séguin écrit la rupture

« La Séparation » : Sophia de Séguin écrit la rupture

03 janvier 2020 | PAR Marine Stisi

Aux Editions du Tripode, Sophia de Séguin publie ce 2 janvier 2020 son premier roman, La Séparation, un livre sous la forme d’un journal intime sans équivoque, à la plume à la fois insolente, sensuelle et acide.

Il y a, toujours, ou souvent, de la solitude et la remémoration des souvenirs, dans une séparation. Le temps qu’on passait jadis avec l’être aimé est désormais utilisé à se souvenir de ce que nous faisions ensemble, de ce que nous étions. On s’apitoie parfois sur son sort, il y a de la mélancolie, de la tristesse, parfois une forme de rancœur et de cruauté. Il peut aussi y avoir un temps où l’on perd un peu pied, où la réalité semble être une chimère.

Sophia de Séguin, dans ce tout premier livre, retrace tout ceci tour à tour, dans ce journal intime débuté il y a neuf ans à la suite d’une rupture. Ecrire pour panser une plaie béante en s’abandonnant à l’ivresse, aux doigts et aux sexes d’autres que celui qu’elle aime, Adrien. Ses témoignages, parfois très courts, juste quelques lignes comme des pense-bêtes, sont crus, sensuels. Le cheminement vers l’oubli est long et tortueux.

A la lecture de ces notes d’humeur, il y a une forme de répétition incessante qui n’est pas sans rappeler l’état dans lequel peut mettre une séparation, quand on ressasse sans cesse les mêmes complaintes. Le serpent qui se mord la queue, qui déteste autant qu’il aime, qui prétend avoir tout oublier alors que le feu se consume à l’intérieur. L’amour, parfois, est un champs de bataille. Et une formidable raison d’écrire.

« Adrien fait son méchant homme. Il ignore ma tristesse, mes désirs rien à faire. Il appelle ivre à cinq heures du matin, après sa nuit, dans l’idée de me tringler. Je pleure comme une petite fille qui l’a bien mérité. En regardant par la fenêtre les premières lueurs, le téléphone étouffé sous l’oreiller. Quand même heureuse d’avoir ça de lui. Sa voix d’adolescent qui s’éraille, qui répète mon nom plusieurs fois jusqu’au silence, sur le répondeur. Je me caresse longtemps pour m’endormir, en pensait qu’il embrasse, avec des larmes dans le cou. Et le lendemain j’attends encore qu’il vienne. Je repasse devant chez lui. De nouveaux textos, d’autres appels. Tout ça m’excite bêtement. Je crois qu’il le fait exprès, pour me faire comprendre qu’il m’aime encore, qu’il faudra un peu de combat – je ne crois jamais qu’il n’en puisse avoir rien qu’à foutre. »

La Séparation, Sophia de Séguin, Editions du Tripode, 192 pages, 16€

Couverture : peinture d’Aloys Zötl

Date de parution : 2 janvier 2020

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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