Jeunesse

« Nous, les enfants sauvages » d’Alice de Poncheville, une ode à la nature et un manifeste révolutionnaire pour jeunes lecteurs.

« Nous, les enfants sauvages » d’Alice de Poncheville, une ode à la nature et un manifeste révolutionnaire pour jeunes lecteurs.

05 octobre 2015 | PAR Le Barbu

Alice de Poncheville est née le 3 mai 1969. C’est grâce au scénario et à la réalisation de films courts qu’elle a rencontré l’écriture. Les deux métiers ont une grammaire, fabriquent des images, mais l’un d’eux seulement s’exécute dans la solitude. C’est peut-être ce qu’il fallait pour rêver à une enfance passée trop vite. La petite fille en elle est alors rappelée, interrogée… et s’étonne d’entendre parler tour à tour un garçon, une vieille dame, une femme, un professeur de mathématiques ou un chiours ! Aujourd’hui, Alice de Poncheville s’aperçoit que les histoires ne donnent pas uniquement des clés sur le passé mais qu’elles influencent l’avenir. Pour elle, c’est une bonne nouvelle. En 2005, elle a publié un recueil de nouvelles, La Martre, aux éditions de l’Olivier. Elle nous revient aux éditions L’École des loisirs avec Nous, les enfants sauvages, un roman manifeste qui aspire à un nouveau monde.

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Une fois la drôle de bête glissée dans son sac, Linka songea qu’elle allait peut-être s’attirer de gros ennuis. L’article 1 était explicite : toute personne en contact avec une vie non humaine ne devait l’éliminer. C’était ainsi depuis que l’épidémie de PIK3 avait décimé la population et provoqué l’abattage de tous les animaux du pays. Non humaine, la bête l’était assurément, mais de quel animal s’agissait-il ? Même dans les vieux documentaires animaliers qu’on leur montrait à l’orphelinat, Linka n’avait jamais croisé ce drôle de poisson aérien qui changeait de forme à volonté. Elle l’avait appelée «Vive » et, malgré la surveillance constante dont elle faisait l’objet, la jeune fille était parvenue à la cacher. Avec Vive à ses côtés, Linka se sentait étrangement plus forte et capable d’affronter les menaces qui l’entouraient : Mme Loubia et le professeur Singre, prêts à« reconditionner » Linka au moindre faux pas ; les Brigades vertes et les Fantassins, toujours à l’affût des déserteurs et des rebelles ; et ce mystérieux Docteur Fury, un vagabond qui cherchait à récupérer Vive…

Dans l’univers imaginé par Alice de Poncheville, l’élevage intensif, les traitements infligés aux bêtes ont conduit le monde à sa perte. Aujourd’hui, il ne reste plus que les rats, et les insectes, source de protéines pour les habitants de ce monde où la majorité des espèces animales a totalement disparu. Les rares oiseaux ou animaux survivants sont immédiatement exterminés lorsqu’ils sont signalés. Même si l’intrigue n’est pas nouvelle, on se laisse facilement emporter par ce récit bien écrit, maitrisé et poétique, et qui a toutes les allures d’un conte moderne.

Nous, les enfants sauvages est une ode à la nature, un roman généreux et nostalgique, mais aussi un manifeste révolutionnaire qui nous pousse à entrer en résistance pour sauver notre monde avant que celui-ci ne devienne un monde perdu …

« Nous, les enfants sauvages » d’Alice de Poncheville, Première édition à l’école des loisirs : 2015, Collection : Médium 19,50 € ,

Âge : 12 à 16 ans

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Le Barbu
Le Barbu voit le jour à Avignon. Après une formation d'historien-épigraphiste il devient professeur d'histoire-géogaphie. Parallèlement il professionnalise sa passion pour la musique. Il est dj-producteur-organisateur et résident permanent du Batofar et de l'Alimentation Générale. Issu de la culture "Block Party Afro Américaine", Le Barbu, sous le pseudo de Mosca Verde, a retourné les dancefloors de nombreuses salles parisiennes, ainsi qu'en France et en Europe. Il est un des spécialistes français du Moombahton et de Globalbass. Actuellement il travaille sur un projet rock-folk avec sa compagne, et poursuit quelques travaux d'écriture. Il a rejoint la rédaction de TLC à l'automne 2012 en tant que chroniqueur musique-société-littérature.

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