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Je la voulais lointaine, Gaston-Paul Effa

Je la voulais lointaine, Gaston-Paul Effa

25 janvier 2012 | PAR Marie Charlotte Mallard

Né à Yaoundé (Cameroun) en 1965, Gaston-Paul Effa il vient en France suivre ses études secondaires au Collège à Strasbourg, puis étudie la Théologie et la Philosophie à l’Université. Professeur de philosophie, critique littéraire au Républicain Lorrain, il est l’auteur d’une dizaine de roman et publie son nouvel ouvrage Je la voulais lointaine, autofiction à la fois poétique et philosophique. Parution le 1er février.

Le jeune Obama admirant particulièrement la littérature française, quitte son village africain pour continuer sa scolarité à Strasbourg au collège Saint-Etienne, puis à l’université ou il étudie la philosophie. En France, il se passionne pour l’écriture avec son prof de philo découvre l’amour avec Julia, cultive son goût pour la littérature, mais aussi pour la musique classique. Intelligent, doué, passionné, il écrit son premier livre, devient professeur de philosophie. Toutefois, son bonheur est de courte durée, en effet, un petit évènement, sorte d’acte manqué va faire ressurgir ce qu’il avait enfoui au plus profond de son être : ses origines. Petit-fils de féticheur, Africain de culture animiste, Obama, a refusé l’héritage que son aïeul lui a laissé au seuil à sa mort : un sac totémique transmis comme un oracle dont il se débarrasse sans même l’ouvrir. Après avoir enterré l’objet quelque part au pied d’un oranger, il choisit de fuir et de chercher son salut ailleurs en se détournant de sa terre natale, enterrant ainsi avec ce sac, une part de lui-même : les us et coutumes d’une tribu à laquelle il ne se sentait pas pleinement appartenir et dans laquelle il ne se projetait pas.

Je la voulais lointaine, est un roman d’apprentissage. Obama après avoir réalisé ses ambitions est nostalgique de ses racines africaines, de cette terre qu’il voulait lointaine. Il réalise qu’il a « vécu en apparence », et culpabilise d’avoir abandonné les siens, d’avoir renié son héritage, ce pourquoi il était destiné, et d’avoir ainsi porté malheur à son village, à sa communauté. Gaston-Paul Effa dresse le portrait d’un homme tiraillé entre deux mondes, qui réalise qu’il s’est perdu au cours de son rêve européen, et qui peine à trouver l’alchimie entre ce qu’il est, et ce qu’il aimerait être. Ce portrait évoque l’aliénation coloniale, le retour au pays, la construction de l’être à travers la reconnaissance de ses ancêtres, mais aussi la réappropriation de sa culture, de son histoire, de ce qu’ont pu vivre nos parents, grands-parents quel qu’ils soient. Au-delà ça, Je la voulais lointaine est un récit initiatique qui traite du passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte, de la construction de l’être à travers le regard des autres et surtout le regard des siens.

Gaston-Paul Effa, « Je la voulais lointaine », Actes Sud, 144pages, 15,80 euros , parution le 1er fevrier.

« Mon crime c’était d’avoir renié mes origines ou d’avoir cru –c’est la même chose- les avoir reniées. »p. 71.
« Impossible d’échapper à soi-même. Comprendre cette phrase est ce qui me manqua. » p. 100.

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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