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Invitation au voyage avec le Lexique nomade des Assises du roman 2012

03 mai 2012 | PAR Géraldine Bretault

Esprits voyageurs, défricheurs invétérés, amoureux des coups de foudre littéraires, offrez-vous le Lexique nomade 2012. Dans le cadre des Assises du roman qui se dérouleront à la Villa Gillet du 28 mai au 3 juin 2012, les écrivains invités se sont livrés à un réjouissant exercice, celui de puiser dans leur dictionnaire intérieur pour livrer un petit texte sur le terme de leur choix. Un plaisir à déguster sans attendre.

Nomade, ce lexique aux 43 entrées l’est à plus d’un titre : c’est d’abord une promenade géographique, qui nous rappelle la dimension universelle de la littérature, puisque figurent des écrivains originaires des territoires les plus divers (Colombie, Allemagne, Israël, Écosse…). Mais c’est aussi la littérature en soi, qui est nomade, une activité qui complète parfois une autre pratique, comme celle de critique pour Catherine Millet, ou de réalisateur pour Frederick Wiseman. Nomade encore, parce que ce petit livre se glissera dans les poches les plus récalcitrantes pour vous accompagner dans vos propres pérégrinations…

Les auteurs ne s’interdisent d’ailleurs pas les mots étrangers, puisque Céline Minard a choisi de disserter sur le mot allemand Dichtung, tandis qu’Helen Oyeyemi nous initie aux affres de l’Unruhe. Ailleurs, Alexis Jenni ressuscite pour nous le merveilleux « Évanouissantes », issu des travaux de Newton sur les quantités en diminution, et qui qualifie l’instant précis de leur disparition. Jenni y forme le souhait que la littérature soit en quelque sorte le creuset magique qui permette de retenir les éléments à l’instant de leur disparition.

Tour à tour légers – Cf. Jean-Claude Mourlevat, qui décortique les sonorités du mot « Lumière » – ou graves – Mansour El Souwaim choisit de résumer en un mot le thème principal de ses ouvrages avec le terme « Marginalisation » –, les écrivains réunis s’y dévoilent en tout cas avec simplicité et sincérité. Vous l’aurez compris, il serait vain de résumer en quelques mots imprécis ces courts textes déjà ciselés : jugez plutôt par vous-mêmes…

 

« C’est de cela que parlent la plupart de mes livres : du jour du Grand Non (ou du Grand Oui) ; c’est-à-dire du jour où l’on apprend une fois pour toutes qui on est. En outre, la littérature aussi est un Grand Non (qui est un Grand Oui) : écrire consiste à nier par les mots le monde de l’expérience afin d’affirmer un autre monde qui n’existe qu’à travers l’expérience des mots. » p. 58, in « Non » de Javier Cercas, traduit de l’espagnol par Élisabeth Beyer et Aleksandar Grujicic.

 

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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