Fictions

« Les amis du Paradis » de Caroline Vermalle : tout en douceur à la gloire du cinéma

« Les amis du Paradis » de Caroline Vermalle : tout en douceur à la gloire du cinéma

30 novembre 2015 | PAR Marine Stisi

Caroline Vermalle publie, chez Belfond, son quatrième roman. Intitulé Les Amis du Paradis, ce livre transporte le lecteur jusqu’à une petite ville (imaginaire), à deux pas de Noirmoutier, où un vieux cinéma va donner aux personnages une nouvelle raison de se battre.

Bienvenue à Villerude-sur-Mer, petite ville perdue, que l’on comprend être située entre l’île de Noirmoutier, Challans, et L’île-d’Yeu où l’auteure a posé ses bagages dans la vraie vie. Cette auteure, c’est Caroline Vermalle, une femme dont le parcours en ferait rêver plus d’un. Diplômée d’études de cinéma, devenue productrice pour la BBC, elle fait le tour du monde avec son époux sud-africain avant de s’installer là, en Vendée, et y écrire des romans.

Une intrigue cinématographique

Son quatrième, Les amis du Paradis, est un livre très doux et attendrissant, où l’amour, l’enfance, la nostalgie et la beauté de l’art possèdent une place capitale. Tout débute avec Camille, projectionniste éternel du Paradis, un cinéma « à l’ancienne », où les amoureux des vieux films viennent y voir, le dimanche, Casablanca de Michael Curtiz ou Le jour se lève de Marcel Carné. Quand Camille meurt, c’est à Antoine, un mécano du coin dont le futur semble l’effrayer plus que tout, que revient la tâche d’assurer les projections à venir.

Au même moment, Rose, l’amour d’enfance d’Antoine, refait surface, de retour d’Hong-Kong où elle exerçait en tant que violoncelliste à succès. La jeune femme, assoiffée de liberté, de renouveau, et de bonheur, tente de retrouver un sens à son existence en revenant dans la maison familiale, abandonnée de tous depuis des années.

Antoine, dans son fort intérieur, espère qu’il serait capable de lui redonner le sourire, à Rose, mais soudain, le cinéma, lieu de tous les possibles, se voit placarder sur sa façade un avis de démolition. A partir de là, tout est bon pour que les habitants de Villerude trouvent une solution, et sauvent leur cinéma tant aimé de la démolition. Un livre dont on peut dégager, avec toute l’imagination qui est la nôtre, les images d’un film dont on aurait sous les yeux le scénario.

L’amour du 7ème art

En effet, le tout y est monté comme dans un film, avec cette histoire où les possibles s’effondrent, avant de trouver une fin heureuse. Mais plus encore, dans le titre de ce roman, nous trouvons, d’ores et déjà, une allusion, évidente à un film hautement signifiant, puisqu’il s’agit des Enfants du paradis, de Marcel Carné. Ce chef-d’œuvre sera, d’ailleurs, un film projeté à un moment capital de l’histoire du cinéma : sa réouverture.

Cette tendance sera, de fait, comme un fil continu, dans le roman. Caroline Vermalle est une véritable passionnée de cinéma, cela se sent indéniablement, et le livre est truffé de petites références constantes, de Georges Méliès à Humphrey Bogart.

Un goût d’antan

Dans ce récit (en plus du cinéma, qui n’est jamais contemporain), tout n’est que nostalgie et souvenirs d’antan. Chaque personnage, d’ailleurs, semble évoluer dans un passé révolu, soit en nageant dans des souvenirs, soit par la profession qu’il exerce (de l’antiquaire au peintre forain, en passant, bien sûr, par le projectionniste). De ce livre se dégage une musique douce et enfantine, celle d’une boîte à musique enfermée pendant des années dans un coffre à jouets, et que l’on retrouve, soudain.

Si l’intrigue se veut parfois quelque peu prévisible, cela ne gâche en rien le plaisir innocent que le lecteur pourra y trouver, en lisant cette histoire pleine d’espoir et d’amour, sous toutes ses formes, et qui rappelle, que la vie, pour être belle, n’a besoin, finalement, que de choses simples.

Caroline Vermalle, Les Amis du Paradis, Belfond, 256 pages, 18€.

Visuel : (c) DR

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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