Fictions

Le roman « Mise au vert » de Philippe Lacoche est en lice pour le prix Interallié 2019

Le roman « Mise au vert » de Philippe Lacoche est en lice pour le prix Interallié 2019

01 octobre 2019 | PAR La Rédaction

Retenu dans la sélection du prix interallié 2019, Mise au vert de Philippe Lacoche nous faite voyager dans le temps et l’utopie. 

Par Cyril Montana

Il l’aime Pierre Chaunier sa région du Vaugandy, avec ses paysages d’Irlande à n’en plus finir, ses hameaux perdus, ses rivières serpentines comme la belle petite Sylve et ses oiseaux chantants. Il distinguerait au au premier coup d’œil un sansonnet rieur d’une mésange bleue. Pour les poissons, quand vient le soir à la surface de l’étang Molotov, il saurait reconnaître l’attaque d’un brochet, « les chasses » comme on dit dans la jargon, de celle d’un sandre ou d’un banc de perches. Un expert !

Celle qu’il aime le Chaunier, c’est l’Orangée de Mars, Ore pour les intimes, une belle gazelle faite de bonnes manières matinée de cette extravagance typique des ex-soixante-huitardes. Sexagénaire comme lui, et au diable le jeunisme, ici on s’aime un point c’est tout !

Parce que dans le Vaugandy, il y a des choses qu’on aime comme la fraternité et la Jaunarde un alcool de poire issue d’alambics ancestraux dont on abuse jusqu’à plus soif, et des choses qu’on n’aime pas et dont on parle fort chez Nanard à Troussin au Bois, premier café à avoir été municipalisé.
Ça y taille sec Tancron qui ose s’attaquer aux frères cheminots. Mais si ! Tancron, le président des ultra-libéraux ! « Tout pour le profit personnel, rien pour la collectivité. Un désastre ! ». Tancron, Tancron, démission !

Quand il ne travaille pas dans le quotidien local, l’Écho du Vaugandy, Pierre Chaunier aime cuisiner pour sa belle, bars en croute de sel et autres délicieuses agapes méticuleusement préparées avec amour, mais aussi se prélasser dans son jardin, et lire, beaucoup lire même.

Il en fut ainsi, jusqu’à ce qu’il décide de tout envoyer valdinguer, de clore ses travaux pour monter un phalanstère avec sa dulcinée. Il y sera question de vie en communauté, d’autosubsistance, de potagers, d’animaux qui se mettent à parler, et de renvoyer le capitalisme se faire brosser ailleurs, et plutôt trois fois qu’une !

Pour financer cette utopie, on y fomentera même l’idée d’enlever l’un des pires défenseurs du patronat, l’ex-président du geignard et vindicatif MEDEF, chantre de la surveillance généralisée par la biométrie, pourfendeurs des acquis sociaux et des prélèvements obligatoires : Pierre Gattaz. On a rien sans rien !

Et quand tout se met en branle, et qu’un mystérieux inconnu fait une proposition de rachat du très florissant phalanstère, une enquête est menée pour tenter d’identifier cet impétrant et lui faire passer l’envie de réaliser des profits sur le dos d’un rêve tout juste naissant, à coup de Beretta modèle 1935, s’il le faut, s’il vous plait !

« Mise au vert » fleure bon le social, le front populaire, les nappes à carreaux des pique-niques du dimanche arrosés de rosé bien frais et les congés payés.

L’histoire d’une arche de changement, avec cette volonté profonde d’enterrer la société de consommation, et cette pulsion folle de tout remettre à plat en pensant Proudhon, Foucault et autres Godin et Fourier.

En un mot comme en cent, lire « Mise au vert » de Philippe Lacoche en sirotant un bon verre de Jaunarde, procure une irrémédiable et joyeuse envie de tout foutre en l’air pour de bon, et le président Tancron avec !
Trinquons !

Mise au vert, de Philippe Lacoche, Editions du Rocher, 392 p., 19 euros.

visuel : couverture du livre

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La Rédaction

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