Fictions
« Le Roman de Jim » de Pierric Bailly : Un père sans enfant

« Le Roman de Jim » de Pierric Bailly : Un père sans enfant

10 octobre 2021 | PAR Julien Coquet

Roman émouvant que ce Roman de Jim, où le narrateur apprend à être père avant qu’on ne lui ravisse son fils.

Il est des vies plus faciles que d’autres. Certaines semblent se dérouler tranquillement, sans accroc, tandis que d’autres sont parsemées d’embûches. Celle d’Aymeric est loin d’être toute tracée. A 25 ans, à un concert, il croise de nouveau Florence avec qui il avait travaillé dans un supermarché. Ce n’est peut-être pas le coup de foudre, ni même de l’amour, mais les deux restent ensemble, apprennent à se découvrir. Et Aymeric apprend à aimer le corps d’une femme enceinte, puisque Florence, 40 ans, va accoucher. Une fois Jim né, Aymeric décide de rester, et d’apprendre à devenir son père. Jusqu’à ce que le père biologique revienne…

Si Le Roman de Jim fonctionne si bien, c’est par la fluidité des actions qui s’enchaînent. Le processus narratif ne bloque pas, les actions des personnages semblent être réfléchies et, si certains coups de théâtre apparaissent, ils ne sont pas des Deus ex machina ou des techniques malvenues pour relancer l’action. La langue, très simple, reflète le milieu populaire dont sont issus les personnages du roman. C’est par cette écriture que Pierric Bailly arrive à questionner les sentiments du personnage et les doutes d’Aymeric sur l’amour qu’il porte à Jim.

« Je ne voulais pas craquer, je ne voulais pas me calmer, je ne voulais pas m’asseoir sur le tabouret en bois en face d’elle, je voulais juste que tout ça se finisse, je n’en pouvais plus de cette crispation permanente, de ces rapports bidon, de ces faux sourires, de ces fausses attentions, de ces fausses paroles, de cette fausse bienveillance. Tout était faux entre nous, tout était devenu fake, comme on dit aujourd’hui, tout était devenu forcé et artificiel, cette histoire reposait sur un grand mensonge et ça ne pouvait plus durer, fallait que ça explose, fallait qu’il se passe quelque chose. »

Le Roman de Jim, Pierric Bailly, P.O.L, 256 pages, 19 €

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