Fictions

« La fin de la solitude » : récit de vie(s) par Benedict Wells

« La fin de la solitude » : récit de vie(s) par Benedict Wells

06 septembre 2017 | PAR Marine Stisi

Après plusieurs romans à succès publiés en Allemagne, le jeune auteur Benedict Wells publie chez Slatkine & Cie et pour la première fois en France son quatrième ouvrage, La fin de la solitude. Un récit d’une sincérité désarmante.

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Une histoire de famille

Jules est le dernier d’une fratrie de trois. Un grand frère, Marty et une grande sœur, Liz, partagent son enfance et les souvenirs qui vont avec. Ils sont complices et coquins, jouent et se bagarrent, sous l’œil bienveillant de leurs parents qui meurent, assez vite, dans un accident de voiture dans le sud de la France. Les trois enfants sont alors envoyés dans un internat où ils vont alors grandir, ressentir, connaître les défaites et les joies. Un internat où ils vont se forger leur personnalité.

Ils vont s’éloigner, aussi. Pour mieux revenir, cependant, plus tard, quand l’adolescence sera passée. Car si ils sont seuls au monde, peuvent-ils vraiment se séparer ?

Jules, le petit dernier, le plus rêveur des trois, peut-être le plus calme et le plus effacé, raconte. Il raconte ses doutes et ses peines, ses questionnements. Il raconte ses passions, les livres qu’il lit, les petites choses qu’il écrit. Il raconte son amitié très forte avec Alva, sa muse et sa meilleure amie, qui est peut-être bien plus que ça. Il raconte aussi les déceptions que lui réserve l’âge adulte tout comme les grandes joies qui l’attendent, mais en marchant sur un fil, toujours. Car le bonheur l’attend, oui, mais le bonheur, chez Benedict Wells, semble affreusement fragile.

La peur au ventre

Avec une justesse évidente, transportante, Benedict Wells poursuit ainsi le récit de Jules, inlassablement, jusqu’à ce qu’il soit lui-même devenu père. Le protagoniste, terrifié par ses démons passés, craint que tout ne s’effondre. Et nous avec. Un simple trajet en voiture suffit à nous soulever le cœur, à nous faire trembler pour ce destin sur lequel le sort, il nous semble, s’acharne.

Ce livre est aussi terrible qu’il est beau. Il paraît très simple, très fluide mais cache une complexité énorme. Il nous entraine et nous porte, nous fait entrevoir, grâce à la vérité de la plume, ces vies auxquelles on s’attache forcément. On le referme le cœur lourd mais l’âme légère, bouleversé et attendri. Pas étonnant qu’il se soit vendu à 200 000 exemplaires en Allemagne.

Benedict Wells, La fin de la solitude, Editions Slatkine & Cie, 288 pages, 20€.

 

Visuel : © DR

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Marine Stisi
30% théâtre, 30% bouquins, 30% girl power et 10% petits chatons mignons qui tombent d'une table sans jamais se faire mal. Je n'aime pas faire la cuisine, mais j'aime bien manger.

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