Essais
Jean-Loup Bourget dépeint Cecil B. DeMille

Jean-Loup Bourget dépeint Cecil B. DeMille

09 juin 2013 | PAR Jean-Paul Fourmont

Professeur d’études cinématographiques à l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm et critique à la revue « Positif », Jean-Loup Bourget a dernièrement publié Cecil B. DeMille. Le gladiateur de Dieu.

GladiateurUNE ŒUVRE MONUMENTALE
Cecil B. DeMille a réalisé plus de soixante-dix films aussi variés que cohérents. La diversité des genres (films historiques, comédie satiriques, mélodrames contemporains, westerns et autres films d’aventure) s’accompagne de celle des styles (le baroque alternant régulièrement avec l’abstraction, comme par exemple dans « Les dix commandements » et « Samson et Dalila »). Il fut à proprement parler l’un des fondateurs d’Hollywood.

LE CARACTERE OBSESSIONNEL DES THEMES
Pour le cinéaste, l’homme est sans cesse soumis à la tentation, notamment charnelle, d’où l’insistance sur l’absolue liberté individuelle, qui est néanmoins fondée sur la soumission à la loi divine, d’où sa croyance aussi en un « christianisme musclé » et en la « réincarnation », i.e. une inspiration biblique qui tend vers le panthéisme.

DES ZONES D’OMBRE
Cecil B. DeMille est un cinéaste clair-obscur. Le génie le dispute à des zones d’ombre qui sont nombreuses. Parmi celles-ci, il faut notamment évoquer la tentative de putsch sur la guilde des réalisateurs, au cours de laquelle il démissionna Mankiewicz. De plus, son anticommunisme primaire le fit qualifier de « mauvais réactionnaire », en opposition par exemple à John Ford qui était tenu pour un « bon réactionnaire ».

L’ouvrage de Jean-Loup Bourget est très complet et stimulant. Il fait revivre une autre époque, celle où le cinéma n’était pas encore à son apogée. A travers ses péplums, il choisit de représenter la Bible avec le prisme de l’humain, c’est-à-dire avec la part de faiblesse que cela suppose. Il a exploré le lien entre le thème biblique et celui de la Rome impériale.

L’homme n’avait pas bonne presse, il était excessivement mégalomane. Il avait tendance à humilier ses collaborateurs. Jean-Loup Bourget réussit, cependant, à faire un portrait tout en finesse et à rétablir la vérité sur ce cinéaste qui n’est pas aussi réactionnaire qu’on a pu le prétendre. Cecil B. DeMille était l’un des cinéastes préférés d’Hitchcock, de Scorsese et de Spielberg.

Jean-Loup Bourget, « Cecil B. DeMille. Le gladiateur de Dieu », Puf, avril 2013, 201 p., 22 euros.

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Jean-Paul Fourmont
Jean-Paul Fourmont est avocat (DEA de droit des affaires). Il se passionne pour la culture, les livres, les gens et l'humanité. Contact : [email protected]

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