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Décès du critique et éditeur Maurice Nadeau

Décès du critique et éditeur Maurice Nadeau

18 juin 2013 | PAR Fatima-Ezzahrae Touilila

L’éditeur et critique littéraire  Maurice Nadeau,  fondateur de l’illustre Quinzaine Littéraire est décédé à l’âge de 102 ans. 

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La ministre de la culture, Aurélie Filippetti, regrettait ce matin, « le très grand éditeur », mais aussi l’inimitable découvreur  de talent, dont le flair inimitable, a révélé les plus grandes plumes du siècle dernier et présent, Henri Miller, Rolland Barthes, Gombrowski, Beckett, Sciascia, Chalamov, Soljenitsyne, Perec et  Houellebecq.

Né en 1911, d’un père qu’emporte le massacre de Verdun et d’une mère analphabète, il est pris d’une véritable passion pour la littérature en arpentant la bibliothèque familiale, seul héritage de son père.  Une passion qui le mènera sur les bancs de l’École Normale de Saint-Cloud. Ses fréquentations de l’époque sont alors  Aragon, Prévert et Breton, avec lesquels il collabore pour des manifestes en faveur des Républicains espagnols.

D’abord membre du Parti communiste, puis trotskiste, il s’engage dans la Résistance, auprès de David Rousset et échappe à la déportation lorsque leur réseau est démantelé, grâce à la femme de ce dernier.

De ces premiers frottements politiques, il se dira déçu et désillusionné. Il se consacre alors entièrement à son amour premier, et  investit les pages littéraire de Libération, de la revue Combat d’Albert Camus, de France-Observateur, puis de l’Express, et enfin des Temps Modernes, grâce auxquelles il contribue à la notoriété et à la reconnaissance publique de Georges Bataille, de René Char, d’Henri Michaux ou encore d’Henri Miller et cherche à réhabiliter Céline alors contraint à l’exil. Son œil de critique aguerri  le conduit alors à intégrer le comité éditorial des maisons Julliard, Denoël, puis Laffont. Avant de s’en détacher pour fonder une maison d’édition à son nom, où il  révélera Michel Houellebecq et le prix Nobel Sud-Africain Coetzee.

Son dernier combat mené avec une hargne renouvelée aura été celui de la revue critique « la Quinzaine Littéraire  » qu’il fonde en 1966, et qui menaçait  de s’effondrer en 2011, à l’heure où il fêtait son siècle de dévotion à la littérature. Une ultime bataille menée avec succès.

Visuel: (c) couverture du livre

 

 

 

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Fatima-Ezzahrae Touilila

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