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Il était une fois en France tome 5 : Le petit juge de Melun

Il était une fois en France tome 5 : Le petit juge de Melun

29 novembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

 

Ecrit par Fabien Nury et illustré par Sylvain Vallée

Prêt à tout pour faire triompher la justice, Jacques Legentil, le petit juge de Melun, est le héros de ce nouveau tome dans lequel il tient la première place devançant Joseph Joanovici, qui était jusqu’alors le personnage central. Ce juge, face à la corruption épouvantable qui règne dans la France de l’après-guerre, risque de devoir pactiser avec des truands pour faire tomber celui qui est devenu son bouc émissaire : Joseph Joanovici mais peut-il y parvenir sans se salir les mains et se rapprocher moralement, malgré lui, de celui qui est devenu son obsession ?

Fabien Nury est le scénariste du film Les brigades du tigre et de différentes bandes dessinées dont Le maître de Benson Gate, L’or et le sang et La mort de Staline. Passionné d’histoire, il atteint ici son apogée avec cette série inspirée de faits réels d’il y a une soixantaine d’années. Sylvain Vallée est son partenaire de création depuis 2006, il vient de faire l’objet d’une exposition à la galerie Daniel Maghen rendant hommage à son remarquable talent en exposant ses planches originales dont certaines de cette bande dessinée (voir notre article ci-dessus), ce cinquième tome assoit la gloire que rencontre leur collaboration, qui a reçu le prix de la série à Angoulême en 2011.

La série était déjà noire mais elle se fait ici plus couleur d’encre encore que jamais, il n’y a plus ni bons ni méchants personnages, que des êtres guidés par des mobiles plus ou moins louables qui tentent de réussir à leur manière, tous les moyens leur sont bons pour atteindre la renommée qu’ils désirent et se faire passer aux yeux du monde pour ceux qu’il faut louer. Le suspense n’a jamais été aussi intense ni le drame plus poignant pour les héros de cette saga, les salissures occasionnées par leurs comportements pendant la seconde guerre mondiale apparaissent au grand jour et, plus ils tentent de les dissimuler, plus elles refont surface. Nous sommes captivés de la première à la dernière page tant par le scénario que par le dessin. Pas de violence inutile mais, lorsque celle-ci fuse brusquement, nous sommes sous le choc. Le ton sonne juste et nous replonge mieux qu’aucune autre fiction n’avait su le faire auparavant dans l’atmosphère tumultueuse de la guerre et de l’après-guerre. Traits et scénario sont tellement cinématographiques que nous imaginons déjà ce que cela pourrait donner en film. Rarement une bande dessinée presque tout public a donné un résultat aussi puissant à partir de faits réels, la lecture nous laisse une impression durable, nous sommes tenus en haleine dans l’attente du tome 6. Fabien Nury et Sylvain Vallée sont au sommet de leur génie.

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Sandrine et Igor Weislinger

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