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« Moins qu’hier (plus que demain) » : Fabcaro a encore frappé

« Moins qu’hier (plus que demain) » : Fabcaro a encore frappé

24 juillet 2018 | PAR Mathias Daval

Après « Zaï zaï zaï zaï » et « Et si l’amour c’était aimer », le dessinateur Fabcaro revient avec un nouvel opus tout aussi désopilant que les précédents : « Moins qu’hier (plus que demain) », paru chez Glénat au printemps.

Dirigée par Pierrick Starsky et Cédric Alland, la nouvelle collection GlénaAAARG ! chez Glénat ressuscite l’esprit de la défunte et culte revue « AAARG ! » avec 3 titres de lancement dont « Moins qu’hier (plus que demain) ». Décortiquant la vie de couple en 60 planches irrésistiblement drôles, Fabcaro décrypte la vie quotidienne de nos relations sentimentales. En guise de titre de chaque planche : les deux prénoms, et l’heure de la journée à laquelle se déroule la séquence. Une forme de minimalisme qui va de pair avec l’épure des dessins. Ces derniers, fonctionnant essentiellement par séries de 6 planches, sont en effet volontairement statiques (encore plus que chez Karibou, par exemple), quasi identiques d’une case à l’autre (bien que redessinés à chaque fois), décuplant l’effet comique de décalage entre certaines bulles et l’apparente fixité des expressions. Un procédé qui non seulement cela évite la redondance paroles/images, mais en plus colle parfaitement à la représentation de cet éternel retour du même que sont nos archétypales situations de couple. Alors oui, on pourra pointer que tous les couples chez Fabcaro sont blancs et hétéros, mais « Moins qu’hier (plus que demain) » n’a aucune vocation sociologique : il attaque de tous les côtés, hommes et femmes, et pousse l’humour en direction de ses frontières trash et absurdes. Une BD à lire à deux sous la couette, comme une forme d’exorcisme de nos apories relationnelles. A moins que l’on ne préfère se poiler seul devant un bon verre de rouge, et raffermir notre conviction que le couple, c’est vraiment un plat de nouilles froides et indigestes.

[rating=4]

« Moins qu’hier (plus que demain) », de Fabcaro
Editions Glénat (collection GlénAAARG ! (mai 2018)
64 p., 12,75 €

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Mathias Daval
Né à Paris en 1977. Journaliste culture & nouveaux médias depuis 2001. Lauréat de la bourse du Centre National du Théâtre en 2014. Musicien, membre du groupe Dazie Mae. Cofondateur du journal I/O Gazette, éditeur pour The Theatre Times, et membre de la Fédération nationale des critiques de la presse, il vit actuellement entre Paris, Barcelone et d’autres dimensions de l’espace-temps plus difficilement accessibles.

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