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Akira Yoshimura : L’arc en ciel blanc

Akira Yoshimura : L’arc en ciel blanc

03 mai 2012 | PAR Marie Charlotte Mallard

Depuis 2001 les éditions actes-sud  nous font découvrir une à une les œuvres de l’auteur japonais Akira Yoshimura. Aujourd’hui les éditions font paraître l’arc en ciel blanc, recueil de 4 nouvelles ou l’auteur exploite les thèmes sensibles de l’enfance, de l’amour et de la mort.

Composées entre 1953 et 1964, ces quatre nouvelles, histoires d’amour et de pauvreté, récits de l’enfance des années 1950 dans un Japon occupé par les puissances occidentales.

Un homme vient d’épouser une jeune femme qui rejette avec une violence viscérale et incontrôlée ses caresses. Un secret la ronge, elle attend un enfant, fruit des violences de la guerre. Après avoir entendu des craquements suspects en plein milieu de la nuit, Kiyoshi découvre une trappe mystérieuse dans le planché, un sanctuaire dédié à son père dans lequel sa grand-mère vient chaque soir se recueillir et attendre de mourir. Jiro, un garçon de seize ans est depuis la mort de son père fasciné par la mort et les funérailles. Il connaît  les coutumes locales sur le bout des doigts, à tel point que les habitants du village n’hésiteront pas à lui demander conseil. Kiyota et sa petite soeur Hisae s’introduisent de nuit dans les écuries du centre de recherches produisant des sérums contre les morsures de serpents, pour lequel travaille leur père. Les deux enfants viennent libérer un cheval promis à l’abattoir le lendemain.

Quatre nouvelles aussi belles et poétiques que cruelle. L’écriture d’Akira Yoshimura, reflet de la sobriété japonaise n’en est pas moins de par les thématiques abordées, pourvu d’une grande sensibilité. De ces récits d’amour et de mort se détache une grande spiritualité. L’auteur joue ici avec la complexité des sentiments, le respect de l’autre est exacerbé et l’émotion aseptisée néanmoins de cette tempérance né une grande tendresse à la fois touchante et bouleversante. Amour  et fascination morbide sont ici mêlés, conséquences des troubles de l’occupation, toutefois semble naître dans ces récits l’espoir. En outre, la confiance en l’être, en l’humain demeure et bien que marqué par la vie, les personnages de par leur réserve, leur retenu, se font modèles de sagesse.  La douleur cinglante est atténuée par la douceur des mots et la simplicité du style, pure, chaste et innocent. Akira Yoshimura aborde ici l’immédiat après-guerre, la pauvreté, la faim, l’enfance cruelle à l’innocence brisé, aux illusions perdues, un thème difficile que l’auteur japonais sublime pourtant de sa plume. Mort en juillet 2006, il laisse au japonais un patrimoine littéraire conséquent que l’on espère encore pouvoir découvrir.

Akira Yoshimura, l’arc en ciel blanc, édition acte sud, 182P, 17E

 

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Marie Charlotte Mallard
Titulaire d’un Master II de Littérature Française à la Sorbonne (Paris IV), d’un Prix de Perfectionnement de Hautbois et d’une Médaille d’Or de Musique de Chambre au Conservatoire à Rayonnement Régional de Cergy-Pontoise, Marie-Charlotte Mallard s’exerce pendant deux ans au micro d’IDFM Radio avant de rejoindre la rédaction de Toute la Culture en Janvier 2012. Forte de ses compétences littéraires et de son oreille de musicienne elle écrit principalement en musique classique et littérature. Néanmoins, ses goûts musicaux l’amènent également à écrire sur le rock et la variété.

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