Cinema
The We and the I, Gondry entre Spike Lee et Larry Clark

The We and the I, Gondry entre Spike Lee et Larry Clark

18 mai 2012 | PAR Yaël Hirsch

Film d’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, « The We and the I » a fait souffler un souffle de fraîcheur ado sur le cinéma d’auteur. Suivant une quinzaine d’ados dans le bus qui les  ramène de leur école du Bronx à chez eux, Michel Gondry filme l’éternelle jeunesse  des rues de New-York.

Le Bronx, fin des cours et ultima recita avant les vacances. Une quinzaine d’ados de 14 à 17 ans sortent de cours et prennent un vieux bus MTA. Ils sont tous hispano ou african-american, les filles et les garçons ne dialoguent pas mais se provoquent, au fond du bus, l’on trouve les gars les plus grandes gueules à la violence sympathique, devant la jolie première de classe en train de préparer une liste d’invités avec sa meilleure copine pour son « sweet sixteen » (une surboum des années 2010, quoi). Ils sont sympas et complexes, mais surtout à la fois frais et plein de préjugés à l’égard des plus vieux qu’eux (l’âge de George Clooney représentant le summum de la décrépitude). Si bien qu’ils parviennent à tous les jeter hors du bus, ces vieux qui oseraient presque s’asseoir et les laisser debout pour débriefer leurs amours et leurs déboires.

Depuis un bus, Gondry retrouve, après « Block party », une direction directe et énergique, à mille lieues du monde onirique qu’on connaît mieux chez lui. Ode à la vie urbaine et ode à la jeunesse, « The We and the I » ne peut pas ne pas faire penser au Spike Lee de … « Get on the bus » (1996) et de « Do the right thing » (1989). Le caractère documentaire et cracra du film fait, lui, penser à Larry Clark. Aussi sympathique soit-il, le juvénile et multiethnique New-York de Gondry est un mythe et ces ados semblent déjà un peu « has-been » malgré leurs smart-phones, de par leurs références aux gangsters et au monde enseveli du funk des années 1970. Ceci n’enlève rien à l’énergie de ce road movie sociologique, qui a mis du mouvement et du baume au cœur du public de la Quinzaine.

Michel Gondry, « The we and the I », avec Michael Brodie, Teresa Rivera, Laidychen Carrasco, Jonathan Ortiz, Raymond Delgado, Alex Barrios USA, 2012, 1h43.

Pour lire notre chronique de la 2ème journée cannoise et donc de la cérémonie d’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs, c’est ici.

Cannes, jour 2 : Audiard, Lou Ye et Gondry
The day he arrives, l’un des plus beaux films d’Hong Sang-soo
Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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