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The Green Hornet: Gondry aux manettes d’une comédie d’action bien troussée

The Green Hornet: Gondry aux manettes d’une comédie d’action bien troussée

16 janvier 2011 | PAR Gilles Herail

Réputé pour son imaginaire visuel onirique, Michel Gondry tient pour la première fois la barre d’une adaptation à gros budget d’une série des années 1960. The Green Hornet revisite avec humour la mythologie des super-héros pour offrir un spectacle rythmé et efficace, à défaut d’être très personnel.

Synopsis officiel: « Le directeur du journal The Daily Sentinel se transforme la nuit en super-héros connu sous le nom de Frelon Vert. Il est secondé par Kato, l’expert en arts martiaux« 

Le frelon vert est un personnage qui ressemble beaucoup à  Batman, un homme d’affaires sans super pouvoirs qui utilise des gadgets technologiques pour remplir son rôle de justicier. En apparence seulement car la tonalité irrévérencieuse se rapproche beaucoup plus de l’anti héros Hancock, loin des questionnements métaphysiques de The Dark Knight sur le pouvoir, la sécurité et l’anarchie. The green hornet est aussi la rencontre de deux institutions. D’un côté, le cinéaste français Michel Gondry, réalisateur bricoleur surdoué dont la filmographie naissante ne comporte aucune fausse note (Eternal Sunshine, La science des rêves, Be kind rewind). De l’autre Seth Rogen, une des valeurs sures des comédies américaines à la mode Apatow, souvent franchement drôles mais délibérément pas très fines.

Contre toute attente, l’alliance des deux écoles fonctionne vraiment bien. Si Gondry laisse de côté ses créations visuelles de bric et de broc, il remplit parfaitement le cahier des charges imposé par ce genre de productions. Rythmée et perpétuellement inventive, sa mise en scène maintient une cadence qui met en valeur les aventures improbables de son anti héros. Seth Rogen, co-auteur du scénario imprime sa marque et autorise des scènes très drôles portées par des dialogues croustillants. Entre action pétaradante et humour léger, Le frelon vert se démarque des buddy movie traditionnels par un travail de fond sur les personnages.

La blonde (incarnée par Cameron Diaz, malheureusement sous exploitée) est à son insu le cerveau des opérations. Le héros est un ado attardé trentenaire gâté et prétentieux qui inspire plus de compassion que d’admiration. C’est en fait son associé, Kato, aussi bien technicien expert que combattant hors pair qui tente comme il peut de rattraper les insuffisances du frelon vert. Dynamitant les règles classiques du film de super héros, The green hornet n’a pas la force d’un Kick-Ass mais n’en avait peut être tout simplement pas l’ambition. On ne s’ennuie jamais devant cette comédie d’action qui s’autorise des seconds rôles savoureux dont Christoph Waltz, le méchant d’Inglorious Bastards. L’osmose entre le duo principal est à l’image du film qui respire la sympathie. Gondry se débrouille donc plutôt bien avec son premier blockbuster même si l’on préfèrerait retrouver au plus vite ses créations plus personnelles.

Seule réelle ombre au tableau, la présence d’une 3D qui sans gâcher le plaisir, n’ajoute strictement rien. Si vous le pouvez, économisez donc les trois euros supplémentaires en choisissant une projection 2D qui correspond bien mieux à ce divertissement réussi mais aussitôt oublié.

Gilles Hérail

The green hornet, une comédie d’action américaine de Michel Gondry avec Seth Rogen et Cameron Diaz, sortie en France le 12 janvier 2011, 1h57

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