Cinema

Sortie ciné : Splice

28 juin 2010 | PAR Geraldine Pioud

À force de vouloir se prendre pour Dieu, les hommes dépassent les limites… et finissent par se retrouver face à des conséquences qu’ils ne sont pas près à assumer. « Splice », le dernier film de Vincenzo Natali (« Cube », « Cypher », « Nothing » et « Paris, je t’aime ») surprend par son audace et son intelligence. Amateur ou non de ce cinéaste de l’étrange, « Splice » ne vous laissera pas indifférent.

Clive (Adrien Brody) et Elsa (Sarah Polley) sont heureux et amoureux. Ils travaillent ensemble et viennent de réussir un exploit : combiner l’ADN de différentes espèces animales pour obtenir des hybrides aux capacités incroyables. Un espoir pour la science qui réveillent chez eux des envies de dépassement. Même si le laboratoire pharmaceutique qui les emploie refuse, c’est donc en cachette que Clive et Elsa vont réaliser leur plus grande manipulation : fusionner de l’ADN animal avec de l’ADN humain. De cette expérience « naît » Dren (à l’âge adulte interprété par Delphine Chaneac), un être étrange et étonnant qui se révélera, avec le temps, de plus en plus complexe. Cet enfant illégitime, caché aux yeux du monde, va semer le trouble et mettre les deux scientifiques face à leurs propres contradictions.

Derrière cette histoire hallucinante (et pourtant pas inimaginable), on trouve de multiples questionnements sur le pouvoir que se donne les hommes, sur les manipulations génétiques, sur le clonage : lorsque l’on en a les moyens, difficile de résister à la tentation qu’offre la science. L’image, nette, lisse parfois, place le film dans un univers entre présent et futur. Vincenzo Natali joue avec la temporalité, avec nos yeux, nous envoyant sans prémices toute la violence latente. Le couple, qui n’a pas d’enfant, considère Dren comme sa création, comme son jouet… sauf que pour Elsa, Dren va doucement devenir sa fille. Ce visage presque humain, muet et pourtant si expressif, posé sur un corps hybride, cache en son for intérieur des espoirs de normalité et de compréhension. La « chose » est aussi humaine, et c’est certainement le facteur le plus important, car cette humanité lui donne aussi sa part de monstruosité. Et d’ambiguïté. Après la phase de découverte, Dren deviendra un obscur objet de désir, dangereux et impitoyable. Elsa, s’interrogeant sur la violence qui naît chez Dren, conclue : « Aucune de ses composantes animales ne présente de caractéristiques prédatrices ». Et Clive de lui répondre : « … Il y a sa part humaine ». Servit par un casting parfait, Splice est un film passionnant, dérangeant, divertissant et terriblement utile.

Splice, de Vincenzo Natali, avec Sarah Polley, Adrien Brody, Delphine Chaneac
En salles le 30 juin 2010

Infos pratiques

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Geraldine Pioud

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