Cinema
Sofia’s Last Ambulance

Sofia’s Last Ambulance

14 juin 2012 | PAR La Rédaction

Présenté à la Semaine de la Critique où il a obtenu le prix de l’innovation France 4, Sofia’s Last Ambulance réalisé par Ilian Metev a sur le papier tout du film de festival : un austère sujet de société (l’insuffisance du système de santé bulgare), traité de façon minimaliste. Pourtant le film se révèle plus complexe que le laisse présager son pitch, et réussit à dresser un portrait nuancé de ses trois protagonistes, véritables héros des temps modernes. Un documentaire en apnée dans une ambulance bulgare : exigeant mais nécessaire.

Bienvenue à Sofia : deux millions d’habitants, treize ambulances. La situation n’est donc pas aussi apocalyptique que le titre du film, mais presque. Dans ce documentaire, trois ambulanciers, Krassi, Mila et Palmen sillonnent la ville dans leur véhicule délabré, venant au secours tour à tour à un homme victime d’un infarctus, un enfant sur qui est tombé une étagère, un ivrogne qui s’est cassé le bras… Mais les patients sont toujours hors champ : considération pratique du respect de la vie privée ou façon de souligner la tension entre dépersonnification des cas à traiter et sensibilité face à des drames humains ? Sans doute les deux, mais le résultat souligne la question au cœur du film : comment garder son humanité et sa compassion dans des circonstances aussi dures – sans se laisser détruire?

Le film ne propose pas de réponse toute faite, et c’est ce qui fait sa réussite. Pas de grande leçon de morale, juste le courage au jour le jour … mais aussi le découragement face à un système inefficace qui coute des vies. Le regard jeté sur la société suit cette approche au quotidien, loin de tout didactisme – et n’en est que plus sombre.

La radicalité formelle du film (image granuleuse, plans fixes sur l’intérieur de l’ambulance, bande son composée principalement des grincements de la radio et des cahots sur la route) enferme le spectateur dans la situation des ambulanciers, sans possibilité d’en échapper. L’heure et quart passée en leur compagnie semble très longue : mais n’est ce pas précisément le but du film que de nous faire ressentir la durée et l’ennui du travail de ces hommes et femmes à la fois ordinaires et exemplaires ?

Renée Zachariou.

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