Cinema
Scorsese-De Niro : ressortie en salles de La Valse des pantins

Scorsese-De Niro : ressortie en salles de La Valse des pantins

19 mai 2011 | PAR Vincent Brunelin

Alors que Robert De Niro préside le jury du 64e Festival de Cannes, Carlotta Films a eu la bonne idée de redonner une seconde jeunesse au long-métrage de Martin Scorsese en proposant une version en copies neuves et en numérique 2K. Flop public et critique à sa sortie en 1983, La Valse des pantins n’en demeure pas moins une excellente tragi-comédie sur le rêve américain et l’obsession de la célébrité.

Synopsis : Un comique méconnu, prêt à tout pour obtenir son quart d’heure de gloire, enlève le présentateur d’un show télévisé avec la complicité d’une groupie dérangée, et n’accepte de le libérer qu’à la condition de participer à son spectacle…

Bien que le projet de La Valse des pantins (The King of Comedy en anglais) lui ait été apporté par Robert De Niro, Martin Scorsese partage un lien personnel avec le sujet. En 1976, son film Taxi Driver change la vie d’un certain John Hinckley Jr. qui tombe amoureux du personnage de la prostituée jouée par Jodie Foster. L’homme traque la jeune star, lui écrit des lettres et l’appelle au téléphone, allant même jusqu’à déménager pour vivre près de chez elle. Le 30 mars 1981, dans un ultime geste de folie pour attirer l’attention de Foster, John Hinckley tente d’assassiner le président Ronald Reagan. Arrêté, il demeure en résidence psychiatrique depuis 30 ans.

Pour une œuvre qui, à première vue, semble se distinguer de la filmographie très noire du cinéaste, La Valse des pantins n’a en réalité d’une comédie que l’apparence. Si le réalisateur met de côté sa mise en scène virtuose pour adopter un style sobre et retenu avec des plans assez simples dans leur composition, il n’en délaisse pas pour autant l’un des sujets récurrents de ses films précédents, à savoir l’anti-héros new-yorkais. Et de porter un regard sans concession sur la société américaine, aliénante à force de faire l’éloge conjointe de la réussite et de la célébrité. Il est en ce sens visionnaire, tant cette critique pourrait s’adresser au phénomène contemporain de la télé-réalité.

Après le chauffeur de taxi marginal et psychopathe (Taxi Driver) et le boxeur parano (Raging Bull), le personnage obsessionnel typiquement scorsesien prend cette fois la forme d’un comédien raté, tantôt pathétique, tantôt inquiétant. Magnifiquement interprété par un Robert De Niro qui s’en donne à cœur joie dans la démesure, il s’agit de la quatrième collaboration de ce fameux tandem du cinéma américain. Le film est aussi l’occasion de découvrir le clown Jerry Lewis en magnat des médias. Bien loin des pitreries auxquelles il était cantonné jusque là, il se révèle dans un rôle totalement à contre-emploi.

La Valse des pantins, de Martin Scorsese, avec Robert De Niro, Jerry Lewis
USA, 1h49, Comédie dramatique, 1983, Carlotta Films
Actuellement en salles

 

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