Cinema

Sale temps pour les pêcheurs d’Alvaro Brechner émouvant et inspiré

27 janvier 2011 | PAR Coline Crance

 Sale temps pour les pêcheurs est le premier film du réalisateur uruguayen Alvaro Brechner. Adapté d’une nouvelle de Juan Carlos Onetti, Jacob et l’autre, Alvaro Brechner livre un premier film remarquablement soigné et parfaitement maîtrisé.

« He who is not lucky, let him not go fishing… » Thomas Fuller

Deux hommes hors des sentiers battus arrivent dans la ville fictive de Santa Maria : Jacob, catcheur en fin de carrière, réfugié de la RDA et « Prince » Orsini, manager et magouilleur. Devant la nécessité de trouver de l’argent, Orsini défie la ville de trouver un champion qui résistera plus de trois minute à Jacob. Le pari est lancé et le gain est de mille dollars …

La ville Santa Maria prend alors des allures de western. La fin  est posée dès le début du film ; il y aura un condamné. L’été peu à peu semble liquéfier toute chose et les tensions s’exacerbent. La déchéance de l’un, Jacob, et l’ambition et le pouvoir d’ Orsini et d’Adriana, jeune femme fatale et vénéneuse décidé coûte que coûte à faire concourir son mari teintent progressivement le film d’une noirceur tirée tout droit des films noirs des années 40 .

Sale temps pour les pêcheurs n’est alors plus un film sur le catch mais bien l’histoire d’une lutte métaphorique de deux personnes qui s’appuient l’un à l’autre pour s’en sortir et exister. Une lutte pour Jacob bien évidemment contre Dieu, mais aussi sur sa propre condition et sa nostalgie qu’il noie dans un délire d’alcool, de violence, d’affabulation. Seul avec son destin, Jacob apporte une touche épique à ce film inspiré. Orsini, arnaqueur et séducteur, à la fois Don Quichotte et Sancho, ment en permanence à son compagnon pour maintenir l’attente et l’espoir. Mais même s’il semble maîtriser le jeu, le dominé n’est jamais réellement celui que l’on pense. La souffrance psychique les rassemble. Et cette ambivalence, ce juste équilibre entre la finesse et la force, cette lutte permanente entre ces personnages font de ce film une tragicomédie à l’état pur, un film pittoresque, pathétique et émouvant. A voir !

Sale temps pour les pêcheurs film uruguayen d’Alvaro Brechner avec Gary Piquer, Jouko Ahola, Antonella Costa , Cesar Tronsco. Durée : 1h40. Sortie en salle le 2 Mars 2011.

 
Sale temps pour les pêcheurs – Bande annonce / trailer
envoyé par TOUSCOPROD. – Court métrage, documentaire et bande annonce.

 

Infos pratiques

La Mangouste présente Starting Block #1 le 9 février à l’International
Ycare en concert à la Java du 22/02 au 5/04
Coline Crance

One thought on “Sale temps pour les pêcheurs d’Alvaro Brechner émouvant et inspiré”

Commentaire(s)

  • Verdict

    Très très bonne surprise que ce film : crépusculaire, tragicomique et burlesque, le film dépeint une galerie de personnages très juste et le scénario, issu d’une nouvelle, tient bon et ne laisse pas deviner la fin.
    Des acteurs au ton juste, une lumière suggestive et une bande son qui sait se fondre dans l’image : vous obtenez ainsi un beau film, qui est en plus le premier, par un réalisateur dont on espère une longue route dans le métier.

    février 16, 2011 at 13 h 58 min

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