Cinema

Ovation pour Infiltration à la cloture du Festival du film israélien

30 mars 2011 | PAR Yaël Hirsch

Hier soir s’est terminée la très belle semaine du Festival du film israélien au Cinéma des Cinéastes. devant une salle comble, le réalisateur Dover Kosashvili est venu présenter son film « Infiltration », adapté du roman de Yehoshua Kenaz, culte en Israël. Cette onzième édition du festival a donc fini un beauté : par un débat très animé.

Infiltration dépeint les 3 mois que de jeunes recrues de 18 ans passent sur une base militaire israélienne, à l’été 1956. Venus d’horizons divers, et grandis dans une société dont l’armée est l’institution centrale, ces jeunes hommes font l’apprentissage de la guerre. A l’issue de cette formation extrêmement dure, chacun est envoyé dans un corps de l’armée où il doit faire les 3 ans de son service. Pour certains, rejoindre les corps d’élite est une question vitale…

Si certains ont pu voir dans l’adaptation du roman de Kenaz une œuvre magistrale de nuances et de précision, le public français qui connaît bien Dover Kosashvili pour son film « Mariage Tardif » (2011), aura peut-être plus de mal à saisir toutes ces subtilités. Surtout après avoir lu le roman de Yehoshua Kenaz qui détaille les divers niveaux de langages, les origines et les questions des soldats. Les cinquante premières minutes du film sont difficiles à déchiffrer : on y voit juste des jeunes gens entraînés par des supérieurs excessivement bornés. Petit à petit le message complexe que le réalisateur veut transmettre sur la société israélienne se dessine, mais ayant du mal à s’attacher à ces jeunes soldats qui nous restent extérieurs, on reste sur sa faim. Un peu à l’image de l’adaptation de « Beaufort » de Ron Leshem par Joseph Sedar, cette transposition d’un roman touffu et bruissant à l’écran le transforme malheureusement en simple film de guerre.

Mais hier soir, « Infiltration » a trouvé son public, la salle comble s’est laissée hypnotisée par les superbes acteurs du film de Dover Kosashvili. Et la critique que le film porte à l’armée israélienne a alimenté un débat riche, vigoureux et parfois drôle, même si les questions de cinémas se sont faites rares…

Infiltration, de Dover Kosashvili avec Oz Zehavi, Lial Denir Assaf Ben Shimon, Michael Aloni, Benny Edlar, Liel Denir, israël 2010, 1h56 min.

Photo : Charles Zrihen, Dover Kosashvili, et Anne Baer lors des questions sur Infiltration.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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