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Critique Magic Mike: Soderbergh déshabille Channing Tatum et le monde des stripteasers

Critique Magic Mike: Soderbergh déshabille Channing Tatum et le monde des stripteasers

13 août 2012 | PAR Gilles Herail

Critique. Magic Mike est le succès surprise de l’été aux Etats-Unis avec un micro budget et près de 100 millions de dollars de recettes. Cette plongée dans le monde des strip teasers est moins racoleuse et plus intéressante que prévue. Un film souvent drôle et plutôt réussi où Channing Tatum et Matthew Mc Conaughey brillent.

 Synopsis: Mike a trente ans et multiplie les petits boulots : maçon, fabricant de meubles, etc… Il se rêve entrepreneur. Il est surtout strip-teaseur.Chaque soir, sur scène, dans un club de Floride, il devient Magic Mike.Lorsqu’il croise Adam, il se retrouve en lui, l’intègre au club et décide d’en faire le Kid. Mais le Kid a une sœur, qui n’est pas prête à trouver Mike irrésistible…

Et de trois. En moins d’un an, encore un style et un genre nouveaux pour Steven Soderbergh. Qui s’efface cette fois-ci derrière un projet porté par Channing Tatum. S’inspirant grandement de sa jeunesse dans un film quasiment documentaire sur l’univers du strip-tease masculin. Sexe drogue et questions existentielles sont au programme. Markété comme un moment de plaisir coupable, Magic Mike se veut plus profond. Et le fait avec une naïveté souvent déconcertante, n’évitant pas les portes ouvertes et une ambiance parfois proche d »une télénovela. Mais la sincérité du brave Mike/Tatum qui se révèle un peu fleur bleue fait facilement passer la pilule. Soderbergh n’évite pas les écueils du style clipesque avec forces lumières modifiées, torses nus et bronzages parfaits. Et des scènes de vie nocturne et de débauche balnéaire sans aucun intérêt. Mais on apprécie l’ambition documentaire de Magic Mike qui souhaite montrer les ficelles du business. Le professionnalisme et la technicité de l’industrie de l’effeuillage et du spectacle. Tourné pour trois euros six cents, le film doit en effet jouer la carte du réalisme. En s’appuyant sur des dialogues parfois à la limite de l’impro (ou joués comme tels) qui accentuent ce sentiment.

Sans être un chef d’œuvre de psychologie, Magic Mike arrive à proposer du fun tout en construisant des portraits pas inintéressants. Pas celui du jeune novice (Alex Pettyfer) dont le parcours initiatique, timide-gloire-chute-rédemption est trop schématique pour nous intéresser. Mais celui de sa sœur protectrice par laquelle se nouera l’idylle du film. De ce Mike bien sur dont la crise de la trentaine le fait s’interroger sur son futur de vieux gigolo pathétique. Et puis cet incroyable Dallas. Personnage pour lequel Matthew Mc Conaughey trouve le rôle de sa vie. Roublard, joueur, performeur en diable qui malgré son âge avancé ne vit que pour adrénaline et les cris des jeunes filles en fleur et surtout de leurs mamans ménopausées. Soderbergh sait tenir sa structure dramatique centrée sur les états d’âme de Mike, avec empathie, mais sait aussi ne pas se prendre au sérieux. Avec des scènes de show souvent tordantes, parfois impressionnantes et finalement jamais sexy. On ne s’attendait pas à rire autant, ni à croire à cette histoire simple mais émouvante. Finalement moins racoleur que prévu, Magic Mike montre une nouvelle fois que Soderbergh est bien meilleur dans des projets minimalistes, sans budget pharaonique, voire un peu à l’arrache.

Gilles Hérail

Magic Mike, une comédie dramatique de Steven Soderbergh avec Channing Tatum, Alex Pettyfer, Matthew McConaughey, durée 1h50, sortie le 15 aout 2012

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