Cinema
Live report : 29e Festival international du Film de montagne à Autrans

Live report : 29e Festival international du Film de montagne à Autrans

10 décembre 2012 | PAR Olivia Leboyer

Toute la culture s’est rendu cette année au Festival du Film de montagne d’Autrans, jolie petite station au-dessus de Grenoble : un vrai coup de cœur !

Les amoureux de la montagne le savent : c’est là une passion profonde, solidement ancrée, et qui ne s’éteint pas ! Que l’on pratique le ski alpin, la peau de phoque, l’escalade, la randonnée, le trail ou, pour les plus sportifs le base jump ( !) on ressent cette même joie à habiter pleinement un paysage, le corps en harmonie avec la nature. Plus qu’un loisir, le sport de montagne constitue vraiment un mode de vie, une manière d’appréhender les choses. Les 167 films présentés cette année au Festival d’Autrans représentent ainsi 167 expériences singulières, souvent troublantes, intimes, de vivre et de comprendre la montagne.
Si le Festival a lieu depuis près de 30 ans, il est rare qu’il y ait autant de neige à Autrans début décembre ! Pour les journalistes, l’arrivée a été légèrement compliquée par les conditions climatiques particulièrement rudes : très verglacée, la route depuis Grenoble a en effet été bloquée un moment. Aussi la fréquentation du festival s’en est-elle ressentie le vendredi. Mais les plus déçus ont été les trailers : prévu de longue date et minutieusement préparé, le 5e Festitrail d’Autrans (une grande course d’endurance, proposant deux parcours : 30km et 12km) a dû être annulé !

Précisément, aimer la montagne, c’est l’aimer par tous les temps. Il est parfois aussi agréable de skier par jour blanc, ou avec le foehn, que sous un ciel azur. Et, lorsqu’il fait froid dehors, se réchauffer dans une salle de cinéma n’est pas une mauvaise idée ! Malgré les contretemps liés au temps, l’ambiance du Festival était remarquablement chaleureuse. Des balades en traîneau, enchanteresses et revigorantes (allongé dans le traîneau, on prend un bon bol d’air frais), ont même été organisées ! Au milieu de sa meute de chiens en liberté (une technique d’élevage) un impressionnant musher nous a ainsi livré quelques secrets sur les chiens de traîneaux : ce n’est pas le chef de meute que l’on place en chien de tête, car il subirait une fatigue trop importante et rendrait les autres jaloux comme des poux ; Alaskan huskies, loups de Sibérie ou chiens indiens peuvent se mêler indifféremment pour former l’attelage ; les chiens les plus lourds ne sont pas forcément les plus vigoureux… Il est rare qu’un Festival de cinéma se montre aussi soucieux de la qualité des repas. Préparés par l’Afrat (attachée au développement d’une économie locale équitable), les plats étaient délicieux et très sains (poule au pot, gâteau aux myrtilles, chartreuse locale !).

Et les films ? Exigeante et très ouverte, la sélection accueillait des films d’horizons très différents (France, Suisse, Pérou, Colombie, Mongolie, Pologne, Norvège, Madagascar, etc.). Pour la forme, rien de figé non plus : nous avons pu découvrir des documentaires de formats très divers (entre 10 minutes et 1h30 !), mais également des fictions (dont L’enfant d’en haut d’Ursula Meier, que nous avions adoré au Festival de Berlin), tous de grande qualité.

Voici quelques critiques qui devraient vous donner envie de partir cet hiver en montagne (et peut-être d’escalader le Kilimandjaro).

Et les Parisiens auront la chance de voir les films qui ont été primés à Autrans au Museum d’histoire naturelle, dans le 5e arrondissement, à partir du 16 décembre ! Notez bien la date, cela vaut la peine que vous grimpiez la rue Soufflot.

Photos (c) Olivia Leboyer

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Olivia Leboyer
Docteure en sciences-politiques, titulaire d’un DEA de littérature à la Sorbonne  et enseignante à sciences-po Paris, Olivia écrit principalement sur le cinéma et sur la gastronomie. Elle est l'auteure de "Élite et libéralisme", paru en 2012 chez CNRS éditions.

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