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L’insoutenable légereté de l’être : l’adaptation de Kundera par Philip Kaufman à nouveau en salles le 18 janvier

L’insoutenable légereté de l’être : l’adaptation de Kundera par Philip Kaufman à nouveau en salles le 18 janvier

06 janvier 2012 | PAR Yaël Hirsch

L’adaptation de 1987 du roman culte de Milan Kundera lit le Printemps de Prague à travers le prisme le triangle amoureux formé par Daniel Day-Lewis, Juliette Binoche et Lena Olin. Pari réussi pour le scénariste Jean-Claude Carrière et le réalisateur américain Philip Kaufman. Et retour au grand écran à partir du 18 janvier prochain, à la filmothèque du Quartier Latin.

Dans le cadre du festival Littérature et Cinéma (voir notre article), une avant-première du film aura lieu à la filmothèque du quartier latin, en présence de de l’écrivain et réalisateur Atiq Rahimi.

Prague, 1968. Thomas (Daniel Day-Lewis) est un neuro-chirurgien reconnu, homme à femme, qui traite la vie avec classe et légèreté. Sa complice érotique et intellectuelle est l’insaisissable Sabina (Lena Olin) que la peur du kitsch et le désir de toujours partir rendent très inventive sur ses toiles et au lit. En déplacement en province pour une opération, Thomas rencontre la jeune, fraîche et enfantine Tereza (Juliette Binoche). Il repart sans vraiment lui parler, mais une semaine plus tard elle débarque comme un oisillon tombé du nid sur son perron pragois. Thomas garde Tereza, qu’il aime,  mais ne peut s’empêcher de continuer à batifoler ailleurs. La jeune-femme se met à la photo, aidée par Sabina. Le couple est en crise lorsque les chars russes arrivent dans Prague. Tereza photographie le printemps de Prague et est inquiétée par les nouvelles autorités. Le couple rejoint in extremis Sabina à Genève.En Suisse, Thimas trouve du travail, Sabina un amant attentionné, mais Tereza dépérit. Elle retourne seule à Prague. Thomas la suit…

Avec un scénario entièrement retravaillé par Jean-Claude Carrière (avec Milan Kundera), cette version pleinement cinématographique (et chronologique) de l' »Insoutenable légèreté de l’être » est une réussite, grâce à ses acteurs (qui sont tous excellent, même dans les sseconds rôles où l’on reconnaît Erland Josephson et le tout jeune Clovis Cornillac). Même s’il a un peu vieilli, notamment dans sa sensualité débordante, dans  l’usage eighties des archives et dans les faux accents tchèque qui unifie l’Anglais du cast,  le film reste prenant pendant près de 3 heures. Lumineux même aux heures les plus sombres de l’Histoire Tchèque, « l’insoutenable légèreté de l’être » est en fait peut-être encore plus savoureux aujourd’hui qu’à sa sortie, car la douce nostalgie qu’il dégage de la tension entre gravité et légereté est encore renforcée par le temps qui a passé sur les beaux visages et les corps vivants de ses trois interprètes principaux.

Philip Kaufman, « L’insoutenable légèreté de l’être », avec Juliette Binoche, Daniel Day-Lewis, Lena Olin, Derek de Lint, Etats-Unis, 1987, 2h51. A nouveau en salles le 18 janvier 2011.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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