Cinema

[L’Etrange Festival] « It follows » : curieux conte en forme de film d’horreur

[L’Etrange Festival] « It follows » : curieux conte en forme de film d’horreur

07 septembre 2014 | PAR Geoffrey Nabavian

Déjà programmé au dernier Festival de Cannes, dans le cadre de la Semaine de la Critique, It follows trouve naturellement sa place au sein de la vingtième édition de l’Etrange Festival (édition que nous allons suivre de près). Pas tellement de par sa thématique : c’est plutôt sa forme qui trouble. Qui stimule. Et peut laisser perplexe.

[rating=3]

It follows afficheCe qu’on remarque en premier, dans It follows, c’est le travail cinématographique. Qui se fait quasiment devant nous. Les coutures du film sont comme voyantes : on sent la main qui guide chaque mouvement de caméra ; on sent le doigt qui joue chaque note de synthétiseur… Imperfections ? Non. Ces détails apparents servent le film : ils donnent de l’importance au cadre. On peut ressentir fortement, par exemple, le contraste entre les scènes de foule et les séquences où un seul personnage se trouve traqué.

It follows ne s’encombre ainsi guère d’effets compliqués : la menace reste très simple. Et peu décrite. Jay, jeune adolescente, se trouve poursuivie par une chose mystérieuse qu’elle est seule à voir. Une chose qui prend diverses formes, toujours humaines. Et qui la traque, en avançant vers elle, avec une paire d’yeux impitoyables. Tout ça à cause de quoi ? D’un rapport sexuel… Avec un garçon déjà poursuivi par cette chose…

L’approche singulière du réalisateur, David Robert Mitchell, de la technique cinématographique, fait que l’on se sent proche de Jay et de ses jeunes compagnons : sa sœur Kelly, puis Paul, Yara, et le grand Greg. Leur équipée pour échapper au danger prend parfois, le temps de quelques minutes, une forme qui fait penser à un film de vacances, avant d’être rattrapée par l’horreur la plus totale. Les interprètes sont très bons. On vibre avec eux. Et on a peur. Car oui, It follows fait peur.

Mais pour que le genre horrifique soit pertinent, un vrai fond demeure nécessaire. It follows en a un : la forme de son scénario permet une évolution. Et le fait ressembler à un conte. Après, quel sens peut-il avoir ?… Sachez que tout n’est pas clair… Et que certaines scènes, vers la fin, apparaissent déplacées, car peu crédibles. Ou pas logiques. A moins qu’elles ne servent le sens… Sans rien vous dévoiler, on avancera que la menace personnifie peut-être la honte. Une certaine forme de honte. Ou de culpabilité. Peut-être qu’on se trompe… A vous d’en avoir le cœur net. Et, au passage, à vous d’avoir peur aussi. D’habitude, vous vous plaignez de ne pas tout comprendre ? Bienvenue à l’Etrange Festival. Laissez-vous porter au gré des expériences… Et votez pour le film qui vous troublera le plus.

It follows est projeté à nouveau le mercredi 10 septembre, à 17h. Si vous êtes en mal de contes énigmatiques, découvrez White God, de Kornél Mundruczo. Prix Un certain regard au dernier Festival de Cannes. Projeté le mardi 9, à 17h. Lisez notre critique.

Visuel : affiche de It follows

Visuel Une : © Droits réservés

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale.Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub.Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival.CONTACT : geoffrey.nabavian@free.fr / https://twitter.com/geoffreynabavia

Une réflexion sur « [L’Etrange Festival] « It follows » : curieux conte en forme de film d’horreur »

Commentaire(s)

  • Chanou

    Film ennuyeux, aux scènes répétitives, rythme lent, malgré quelques passages de sursaut et une musique angoissante. Très décevant.

    février 17, 2015 at 17 h 05 min

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