Cinema

Le Bel âge de Laurent Perreau

30 décembre 2009 | PAR Coline Crance

Le Bel âge avec Michel Piccoli, Pauline Étienne, Éric Caravaca sort aujourd’hui dans les salles, il a été présenté au festival de Locarno et au festival international des jeunes réalisateurs de Saint -Jean de Luz. Pauline Étienne a reçu à cette occasion, le prix d’interprétation féminine au festival de saint Jean de Luz.

 Quand les voix du silence sont impénétrables …

 Un manoir isolé, une femme mystérieuse, un vieil homme qui a recueilli sa fille après le décès de sa mère tel est le tableau dépeint par Laurent Perreau. L’un est tourmenté par son passé, l’autre a peur de l’avenir. Face à cette peur se mêlent cette incompréhension réciproque, ce conflit de génération qui se traduisent par un mutisme. Les deux protagonistes ne se parlent pas, ils se croisent du regard, l’un se cache sous son lit pour éviter l’autre. L’autre loin d’être dupe, se borne au silence et préfère refermer la porte … Ce sont d’ailleurs peut-être les plus jolies scènes de ce film qui pourtant promettait beaucoup.

La jeune actrice Pauline Etienne est éclatante de spontanéité et Michel Piccoli reste égal à lui même donnant au film cette touche d’onirisme permettant alors au film de s’élever au -dessus d’un sujet dans lequel il s’enlise. Que dire de cette apparition de cette mystérieuse femme surprise par Claire à travers l’embrasure, allongée nue sur le divan sous le regard énamouré de Piccoli.. ? Moment hors du temps, moment d’anthologie peut-être, qui dépasse à la fois l’homme, l’acteur et le personnage qu’il est  en train d’incarner à l’écran… ! Toutefois ce n’est qu’un bref moment de grâce …

 

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Laurent Perreau certes filme avec une certaine finesse, ces deux mondes qui s’opposent, cette vie qui leur glisse entre les doigts, ces moments trop éphémères qui les font enfin se sentir vivre, oscillant toujours entre un univers cruel et un monde qui se rapproche du conte, avec l’apparition de ce pierrot lunaire , gardien de casino, futur amant de Claire, mais le film n’opère pas. Il se perd dans ces deux vies faisant oublier au spectateur la présence de l’un à l’autre et inversement. Les images filent les unes après les autres sous le regard du spectateur qui oublie lui même, la principale trajectoire de ce film. En effet au départ tendu vers cette confrontation entre ces deux générations , le film se disperse et nous livre non plus un film, mais deux films distincts.

Ce n’est alors que dans le dernier quart d’heure, que cette tension semble vouloir refaire surface : le passé resurgit, le grand père tombe dans les escaliers, laissant soudain part au dialogue..Claire s’intéresse soudainement à la vie de son grand père… Mais entre temps ce silence qui devait à la fois les séparer et les unir est devenu un artifice et quand soudain il se brise, il nous laisse perplexes.

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Coline Crance

One thought on “Le Bel âge de Laurent Perreau”

Commentaire(s)

  • jacqueline philouze

    Cette présentation, invite à la séance. un seul reproche dans cet article, sa longueur, est-ce pour combler le silence ?

    février 3, 2010 at 20 h 58 min

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