Cinema
La colline aux coquelicots réalisé par Goro Miyazaki

La colline aux coquelicots réalisé par Goro Miyazaki

30 novembre 2011 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

 

Une jeune fille, Umi, passe de l’adolescence à l’âge adulte, éveil de sentiments amoureux, projets, désir d’indépendance, tout cela se complique encore par l’irruption d’un mystérieux jeune homme dans sa vie dont elle va se rapprocher au lycée par des projets communs à commencer par la sauvegarde du quartier latin : le fameux centre culturel du lycée en menace de démolition. Une belle histoire d’amour dans le Japon d’après guerre, les années 1960, la renaissance de ce beau pays plein de poésie.

Pour son second long métrage d’animation après Les contes de Terremer en 2006, Goro Miyazaki surprend de nouveau. Là où, pour son premier film, les critiques attendaient de lui qu’il marche sur les traces de son père, il avait sorti une œuvre singulière, davantage destinée aux adolescents et aux adultes qu’aux enfants en raison du meurtre très shakespearien par lequel débutait sa fiction, crime incompréhensible pour les plus jeunes et dont les motivations restaient assez obscures même pour les plus âgés. Avec La colline aux coquelicots, Goro Miyazaki travaille au contraire main dans la main avec son père dont l’excellent scénario, adapté d’une bande dessinée, porte pour beaucoup ce film. La réalisation de Goro Miyazaki est plus aboutie que pour son film précédent et nous ne sommes pas loin de crier au chef d’œuvre. Les décors sont splendides, l’histoire palpitante et les personnages très attachants. L’intrigue très fouillée reconstitue le Japon des années 1960, nous sommes frappés par les traditions, les rapports familiaux et amicaux, le soin apporté à la nourriture, aux rites du lever et du coucher, aux relations fraternelles entre les personnages, par leur joie de vivre et leur passion. Les moments chantés du film sonnent juste et sont très touchants. Les thèmes du film parlent à tous que ce soient l’amour, la nécessité de savoir lire les signes, fusse des drapeaux, d’être attentif aux autres et de construire le futur en tirant leçon du passé. Ce film ne verse pas dans la dimension écologique chère à Miyazaki père mais il n’en prône pas moins des valeurs humaines qui sont nécessaires à la survie de notre humanité. Bluffant et captivant, un film qui se voit et se revoit avec très grand plaisir.

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