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Jour de fête, le premier long métrage de Jacques Tati retrouve son origine (en salles le 24 juillet)

Jour de fête, le premier long métrage de Jacques Tati retrouve son origine (en salles le 24 juillet)

20 juin 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

« Les films de mon oncle » ont été fondés par Macha Makeïeff, Sophie Tatischeff et Jérôme Dechamps en 2000. Le but de cette association est de restaurer et faire rayonner l’œuvre de Jacques Tati. C’est ainsi que le 24 juillet vous pourrez redécouvrir Jour de fête ! Bonne nouvelle non ?

jour-de-fete-1948-08-gJour de fête ressort sur les écrans dans une version restaurée. Ne tremblez pas, il n’a pas été question de coloriser encore plus le film mais bien au contraire de lui rendre son identité argentique de 1949. Le négatif de départ a été détruit, mais grâce à une numérisation « en 4K à partir de deux marrons (positifs intermédiaires combinés) sur support nitrate (film flamme) daté entre 1949 et 1953 et stockés aux Archives françaises du film », il peut maintenant revivre.  « Le son en densité variable a également été prélevé sur ces deux mêmes marrons ». Voici pour le miracle technologique ! Et à l’écran que voit-on ?

Et bien… un film évidement génial que l’on croit, à tort, connaître par cœur. C’est Jour de fête au village. La vielle dame qui promène sa chèvre regarde cela avec une lucidité qu’aucun autre habitant n’atteindra jamais. L’émulation atteint son climax quand la roulotte conduite par deux forains filous arrive enfin sur la place centrale. Il faudra qu’un mât soit impossible à planter pour que le facteur François entre en piste.

Un postier burlesque à souhait campé par Tati himself. On est ici dans du Buster Keaton où les gags s’enchaînent dans une tendresse qui ne peut que vous faire succomber. Dans ce premier long métrage, Jacques Tati pose les jalons de ce qui le poursuivra : regarder le monde avec des yeux d’enfant et la fascination américaine.

Ici, François rêve d’être facteur comme en Amérique, pays où le courrier arrive même à travers  flammes et par hélicoptère s’il le faut ! Pourquoi on en ferait pas autant à Follainville ?

Tout est ici délicieux, de Roger (Guy Decomble) en plein coup de foudre, de la course de vélo aux indications routières hésitantes ou bien sur la femme du patron cherchant à s’habiller comme en ville… Car il y a toujours chez Tati cet œil posé sur la modernité. Ici, c’est avec les moyens du bord que François amorce, avec maladresse et bonhomie, la modernisation des PTT.

On est là dans les prémices de Monsieur Hulot, et bientôt Playtime viendra dire l’uniformisation des temps modernes. Mais pour le moment, Jour de fête ressort, la guerre est déjà loin et les poules se trimbalent dans les ruelles.

Ne boudez pas ce bonbon nostalgique, il est délicieux !

Visuel (c) : affiche du film

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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