Cinema

Jayne Mansfield’s Car de Billy Bob Thornton, une comédie un peu tiède sur l’Amérique en transition

15 février 2012 | PAR Yaël Hirsch

Salué par la critique pour ses deux premiers longs-métrages, Billy Bob Thornton s’était promis après « De si jolis chevaux » (2001) de ne plus jamais réaliser de film tant le tournage et le montage de cette adaptation avait été éprouvant Et pourtant ,le voici de retour devant et derrière la caméra, 10 ans plus tard, avec « Jane Mansfield’s Car ». Un film sur le Sud des Etats-Unis en 1969 empli de jolies scène familiales et hanté par la guerre Une oeuvre sympathique mais très longue et décousue. Jayne Mansfield’s Car est LE film américain en compétition au 62ème festival de Berlin.

Dans une petite ville du Sud catholique des Etats-Unis, en 1969, un conflit de génération existe entre le sheriff (Robert Duvall), vétérans de la Première Guerre mondiale et deux de ses fils quinquagénaires ( Billy Bob Thornton et Kevin Bacon), deux de ses fils eux aussi vétérans (de la Deuxième Guerre) mais pacifistes et en tout cas pour le deuxième carrément hippie. La mort de leur mère (Tippi Hendren!) vient bouleverser les choses : celle-ci s’était enfuie, avait quitté enfants et shériff vingt ans plus tôt pour épouser un anglais (John Hurt, irrésistible avec une canne). Sur son lit de mort, elle a demandé à être enterrée auprès de ses enfants, aux Etats-Unis et que les deux hommes de sa vie se rencontrent pour l’enterrer. Le Shérif, qui ne s’est jamais remis du départ de sa femme, est loin de se sentir d’humeur hospitalière Et pourtant quand l’anglais débarque avec ses deux grands et beaux enfants, la rencontre entre babecue et humour anglais fait des miracles…

Doté d’un casting éblouissant (John Hurt, Robert Duvall, Kevin Bacon et le réalisateur lui-même) le film de Billy Bob Thornton appuie sur le registre saynètes de famille Un peu d’ Elia Kazan, une pointe néo-psychédélique, et l’humour du choc des cultures fonctionnent. Mais le film s’étire en pointillés et s’appesantit sans convaincre sur la question du pacifisme, notamment au cours d’une scène complètement ratée où le personnage incarné par le réalisateur montre ses brûlure de guerre en forêt et livre le récit mélo de son accident à sa demi-coeur qu’il espère ainsi, par ailleurs, sauter … Un film sympathique, donc mais qui ne parvient pas à convaincre.

« Jayne Mansfield’s Car », de Billy Bob Thornton avec John Hurt, Robert Duvall, Billy Bob Thornton, Frances O’Connor, Robert Patrick, Kevin Bacon et Tippi Hendren, USA, 122 min. En compétition à la 62ème Berlinale.

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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