Cinema

FEFFS 2018 : les court-métrages internationaux [critique]

FEFFS 2018 : les court-métrages internationaux [critique]

24 septembre 2018 | PAR Simon Théodore

Pour cette 11ème édition du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, six courts métrages concourraient dans le cadre de la compétition internationale. De la comédie au genre horreur, d’une durée oscillant de sept à vingt-deux minutes, tous les formats et tous les genres étaient représentés.

Réalisé par Céline Held et Logan George, Babs se distingue par l’originalité de son scénario. Alors que son père vient de décéder, un jeune homme fouille dans ses affaires et découvre que ce dernier a fait l’acquisition d’une poupée gonflable. Ce jouet pour adulte s’avère alors être plus qu’un objet sexuel pour personne esseulée… Avec cette belle idée, les réalisateurs américains explorent les fonctions sociales que peuvent remplir ces gadgets. Déjà exploité dans le septième art, le sujet de l’humanisation de la poupée est traité de manière différente et émouvante.

Deer Boy de Katarzyna Gondek est d’une grande beauté. Ce conte fantastique met en scène le fils d’un chasseur, obligé de se scier les bois de cerf qui pousse sur son crâne. L’absence de dialogue permet à notre attention de se concentrer sur le dilemme qui agite le personnage. Est-il un homme ou un animal ? Proche de la nature, il pratique aussi la chasse… On le suit alors, à différentes étapes de sa vie, sa quête identitaire. Poétique et philosophique, Deer Boy propose une version véritablement intéressante du thème de l’homme animal au cinéma.

Le public était prévenu en début de projection. Lunch Ladies de J.M Logan et Clarissa Jacobson est surprenant. Seretta et Louane travaillent dans le self d’un lycée américain et sont fans de Johnny Deep. À chaque problème, une solution. WWJD ? What would Johnny Do ? Leur cuisine dégoûte les étudiants. Cependant, un tragique événement leur permettra de redorer leur blason. Drôle, sanglant, cette comédie noire est construite autour d’une succession d’idées loufoques exploitées sans retenue.

Dans Däs Madchen in Schnee, le Suisse Dennis Ledergerber rend un hommage au métier de bruiteur dans le septième art. Pendant sept minutes, on suit comment le personnage crée des sons avec des objets du quotidien. À partir de cette belle idée, le réalisateur exploite l’idée du réel dans les bandes sons cinématographiques. Entre l’artiste et l’artisans, ces acteurs de l’ombre ne sont pas forcément ceux que vous croyez. Bien que trop court, le projet est doté d’un final surprenant.

Milk était le seul court métrage horrifique proposé dans cette sélection mais aussi le moins original. Santiago Menghini met en scène un jeune garçon se réveillant dans la nuit pour aller chercher un verre de lait dans sa cuisine. Il croise alors sa mère, réveillée aussi, et l’angoisse commence… Dans ce film, il est question de certaines peurs infantiles mais ces thèmes ont déjà été revisités de nombreuses fois et sont traités sans grande originalité. Milk est donc plaisant visuellement mais ne marque pas les esprits.

Le dernier film présenté dans cette sélection était un court-métrage belge de Jules Comes. Dans Saint Hubert, un forestier est le gardien d’une forêt. Une enquête policière sur ses terres sera l’occasion d’un déferlement de violence entre lui et un agent fédéral. Très symbolique et par conséquent difficilement déchiffrable et immersif, la dimension religieuse du film est néanmoins renforcée par une bande originale réussie.

Cette année, la compétition internationale des court-métrages permettait donc de découvrir des projets variés, parfois très originaux. Alors que Milk est un film sans réelle prise de risque, Babs, Deer Boy et Dâs Madchen in Schnee exploitent des belles idées de manière surprenante.

Visuel : (c) Affiche du festival.

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Simon Théodore

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