Cinema

Etreintes brisées, de Pedro Almodovar

20 mai 2009 | PAR marie

etreintes-brisees1Le brun de la chevelure de Pénélope, l’or de sa parure et le rouge de sa robe. Ajoutez à cela quelques artistes – dont plusieurs gays- du sexe, de la coke et des larmes, agencez le tout en une abracadabrante histoire, et vous obtenez un « Almodovar ». La critique cannoise a beau s’extirper, (reconnaissance oblige),  le réalisateur espagnol reste,  en dépit de quelques longueurs, fidèle à lui-même.

Dans un petit appartement madrilène, une jeune femme lit le journal à un aveugle. Plus attentif à cette dernière qu’aux nouvelles, l’homme, un réalisateur de ciné reconverti dans l’écriture des scénarios, pose rapidement les questions d’usage : couleurs des yeux, longueur des cheveux, mensurations. Avec sa chevelure blonde, ses yeux verts qui bleuissent l’été, et son 90-68-90, la demoiselle restée imperturbable pendant le questionnaire semble convaincre. Le test du touché passé, la voilà sur le canapé.

Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît pas. Le réalisateur serait ce coeur qui introduit la beauté d’une femme par un oeil, une scène de rupture par des claquements de talons (aiguilles) et une histoire d’amour passionnée (et brisée) par un quick fuck… Rapidement toutefois,  le tryptique noir-taffetas-or de l’Espagnol crève la caméra et le personnage, Harry Caine, se fait rattraper par un passé qui l’a aveuglé. Ce passé tenait en une bobine, celle d’une comédie (la sienne, la seule) ratée, et en quelques photos déchirées de son ex, actrice et muse, Lena.

Pour flatter le monde du cinéma, et avec lui la critique cannoise, Almodovar n’a, cette fois encore, pas marché droit : il a parlé bobine, montage et scénario, a fait croire qu’il dissertait grand écran quand il se penchait sur l’art d’inventer et de raconter les histoires. Son aveugle Harry Caine, la femme qui le protège, Judit Garcia, et Diego, ne font que cela : s’inspirer de petits riens, d’affiches collées dans les rues et de colonnes des journaux, pour taper des scénarios… Pas de scoop, comme toujours la vie réelle nourrit le cinéma, mais chez les trois compères, le grand écran la vampirise tellement qu’après l’avoir bien macérée, il la dégurgite. Dès lors, dans une vertigineuse mise en abyme, ce sont les personnages de derrière l’écran qui donnent la réplique aux vivants. Après ça, Pedro Almodovar explique dans Metro qu’il parle de « l’acte » de créer…. Quizas, quizas, quizas… De toutes ces poupées gigognes, le spectateur garde les dernières, les mieux cachées : l’étreinte brisée et le secret de famille. Dès lors, le film allégé de ses longueurs fait pleurer. Et rire. Pas sûr que cela suffise à la critique.

Etreintres brisées, d’Almodovar, Pedro Almodovar, Avec Penelope Cruz Lluis Homar Blanca Portillo Jose Luis Gomez. En salles

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marie

4 thoughts on “Etreintes brisées, de Pedro Almodovar”

Commentaire(s)

  • Patricia

    Personnellement, plusieurs films d’Almodovar m’ont touchés car ils ont fait ressurgir des souvenirs d’enfance, de sensation, …Je ne crois pas que le nombre d’entrée d’un film détermine sa qualité, il y a des films comiques très drôles qui font 5 000 000 d’entrées mais que finalement qu’on oubliera après en avoir vu un autre encore plus drôle. Mais lorsque, dans la salle obscure vous ressentez des émotions aussi fortes grâce à una pelicula, no puedes olvidar…..

    mai 21, 2009 at 18 h 28 min
  • Julien Bel

    Je suis bien d’accord avec vous :)

    mai 22, 2009 at 7 h 57 min

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