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Quatre films de Maurice Pialat réédités par Gaumont

Quatre films de Maurice Pialat réédités par Gaumont

28 novembre 2020 | PAR Julien Coquet

Disponibles en Blu-ray, L’Enfance nue, Passe ton bac d’abord, La Gueule ouverte et Le Garçu prouvent tout le génie et toute la sensibilité de celui qui obtint la Palme d’or en 1987.

A voir ou à revoir ces films, on ne peut qu’être fasciné par ce qui se trame sous nos yeux. Justement : rien d’extraordinaire. Loin des artifices clinquants, loin des retournements de situation, loin de mouvements de caméra techniques qui se feraient remarquer, le cinéma de Pialat touche toujours autant par sa simplicité et par l’émotion qu’il en dégage. Simplicité sans ennui. Le premier film de Pialat, L’Enfance nue (1968), qui obtint le prix Jean Vigo l’année suivante, présente le portrait d’un enfant turbulant, voyageant de famille d’accueil en famille d’accueil avant de se fixer chez un vieux couple, les Thierry. Sans pathos, la situation est décrite comme telle : un enfant que l’on a du mal à comprendre, parfois violent sans raison, parfois même cruel, doit pourtant bénéficier d’un foyer pour s’épanouir. Certaines scènes convoquent les larmes, comme celle où les Thierry, un vieux couple, raconte à François comment ils sont tombés amoureux. La justesse du jeux des acteurs émerveille, Pialat ayant parfois fait appel à des acteurs non professionnels.

Le contexte dans lequel s’inscrivent les histoires disent également beaucoup, comme ces anciennes mines de charbon qui se dressent derrière François qui court dans L’Enfance nue, ou encore ce Nord de la France qui offre peu de perspectives d’avenir pour les lycéens de Passe ton bac d’abord (1978), sans parler de cette petit ville d’Auvergne où Monique se meurt, atteinte d’un cancer, dans La Gueule ouverte (1974). Le thème de la filiation, tout aussi important que celui du contexte spatial, offre une ligne rouge pour lier les films. Lycéens en colère contre leurs parents, enfant abandonné de l’Assistance publique, enfants confrontés à la lente agonie de leur mère, relation père/fils de Gérard Depardieu avec le fils de Pialat dans Le Garçu (1994), le dernier film de Pialat. Ces quatre films, tout aussi important que Nous ne vieillirons pas ensemble (1972), peut-être plus abordables que Sous le soleil de Satan (1987), sont accompagnés de nombreux bonus. Des acteurs témoignent (Gérard Depardieu, Nathalie Baye, Michel Tarrazon), des techniciens interviennent (le chef opérateur Willy Kurant, l’assistant réalisateur Patrick Grandperret) et les court-métrages turcs de Pialat sont mêmes disponibles.

L’Enfance nue, Passe ton bac d’abord, La Gueule ouverte, Le Garçu, Maurice Pialat, Gaumont Vidéo, DVD ou Blu-ray

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Julien Coquet

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