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Le Misanthrope, Molière.

08 janvier 2009 | PAR Soren

© Collections de la Comédie-Française.
Photo Claude Angelini

Alceste hait l’humanité tout entière, y dénonce l’hypocrisie, la couardise et la compromission. Mais il aime pourtant Célimène, coquette et médisante. Le vertueux se lance ainsi dans des combats perdus d’avance qui l’acculent à la fuite…


Pièce en cinq actes, organisation la plus noble au théâtre, quand bon nombre de comédies du dramaturge n’en compte que trois, répliques scandées en alexandrin, le couple Alceste / Célimène incarne de manière universelle les limites de l’amour parfait… Molière avait puisé loin dans son intarissable talent pour construire cette pièce au sujet de laquelle il dira fièrement : « Je ne ferai jamais rien de mieux ».

En pleine affaire du Tartuffe, lancée deux ans plus tôt par la cabale de quelques dévots, et alors qu’Armande Béjart vient de le quitter, Molière crée Le Misanthrope le 4 juin 1666. La pièce est une caisse de résonance des déboires que l’auteur connaît alors. Mortifié par l’interdiction du Tartuffe et par l’impossibilité de publier son Dom Juan retiré de l’affiche, Molière vit avec violence le retournement de son succès auprès du roi. Sous la forme d’une comédie mondaine sans aspérité d’ordre religieux ou politique, il reprend donc le fer contre l’hypocrisie, qui fut au coeur de ses deux précédentes oeuvres. Jouant d’un rigoureux alexandrin, se pliant, au contraire de ses habitudes, à la règle des trois unités de temps, de lieu et d’action, Molière donne à son sujet une ambition et un traitement irréprochables. Détournée parfois de ses ambiguïtés, comprise ou perçue comme la peinture d’un caractère flirtant avec la caricature, la pièce entretient pourtant les doutes et les ombres sur la radicalité des choix de tous ses protagonistes, à commencer par la misanthropie même d’Alceste, que les appâts de Célimène pulvérisent. Dans ce ballet des atermoiements du coeur et de l’esprit, où tout peut s’envisager, rien ni personne n’est jamais vraiment ni sauvé ni perdu. Chaque courant littéraire inventa une libre interprétation du personnage d’Alceste, qui pour les romantiques devint un héros ténébreux et passionné, alors qu’on reprocha à Molière de construire une comédie sur la noblesse de caractère d’un homme honnête, tourné en dérision. Aussi Rousseau accusera-t-il Molière de faire rire de la vertu.

Pierre Notte, secrétaire général de la Comédie-Française.

Une pièce de Molière, Mise en scène Pierre Dux, Réalisation de Jean-Paul Carrère, Musique d’Antoine Margon. 1977 – 2 h 05 min. Par les interprètes de la troupe de la Comédie-Française :

« Sur quelque préférence une estime se fonde,
Et c’est n’estimer rien qu’estimer tout le monde. »

Bret Easton Ellis adapte son « Zombies » sur grand écran
Isabelle Huppert : Présidente du jury du 62è Festival de Cannes
Soren

11 thoughts on “Le Misanthrope, Molière.”

Commentaire(s)

  • duez Eric

    super

    janvier 13, 2009 at 19 h 00 min
  • nicole de clerck

    bonne chance

    janvier 13, 2009 at 19 h 04 min
  • graziella rousseau

    interessée

    janvier 13, 2009 at 19 h 32 min
  • Rita Taddeo

    Magnifique

    janvier 13, 2009 at 20 h 09 min
  • Rita Taddeo

    Suprenant

    janvier 13, 2009 at 20 h 09 min
  • SANDRINE MARTINEZ

    carpe diem

    janvier 15, 2009 at 13 h 42 min
  • BOURDON corinne

    MERCI

    janvier 16, 2009 at 19 h 28 min
  • Boyer

    merci

    janvier 19, 2009 at 10 h 44 min
  • edwige rousselot

    merci

    janvier 23, 2009 at 9 h 39 min
  • Racinet

    classique incontournable

    janvier 25, 2009 at 12 h 26 min

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