Cinema

Dvd: Liliom, de Frank Borzage

17 février 2011 | PAR Yaël Hirsch

Après l’édition acclamée du coffret Frank Borzage (L’heure suprême, L’ange de la rue, Lucky star, La femme et le corbeau), l’an dernier (voir notre article), Carlotta continue à nous faire redécouvrir l’œuvre de ce cinéaste américain. Inspiré d’une pièce célèbre de l’auteur Hongrois Franz Molnar (qui a aussi inspiré Fritz Lang pour son seul film français de 1934 et la comédie musicale de Rodgers and Hammerstein, « Carousel »), « Liliom » (1930) est une histoire d’amour passionnée, sur fond de fête foraine et qui se prolonge dans l’au-delà. Un des premiers films parlants du cinéma américain, qui sort en dvd le 9 mars 2011.

Servante dans une maison « bien » de Budapest, la jeune Julie refuse les avances de tous les hommes, y compris son prétendant le plus sérieux, menuisier de son état. Se rendant à la fête foraine avec une amie, elle rencontre le bonimenteur du carrousel, Liliom. Menteur, voleur, homme à femmes, Liliom est troublé par le regard et l’amour d’acier de la belle Julie. Il emménage chez elle et se comporte en terrible égoïste. Jusqu’au jour où il se laisse convaincre par un ami de replonger dans le crime…

Avec le sensuel Charles Farrel, et la troublante Rose Hobart à ses débuts, l’histoire d’amour classique et parfaitement filmée à la lumières des lampions du carrousel prend soudain son envol à la fin du film pour passer dans un au-delà fantastique où l’âme de Liliom prend des trains fous pour se racheter. Ces quarante minutes totalement inattendues semblent déjà esquisser l’originalité du « Ciel peut attendre » de  Ernst Lubitsch (1943). Et cette audace a d’ailleurs signé l’echec du film, puisque pour des raisons religieuses, il a été soit interdit, soit coupé dans une grande partie de l’Europe de l’Entre-deux-Guerres.

Encore chef d’œuvre à découvrir chez Carlotta, avec sa présentation judicieuse de 8 minutes par le critique  Hervé Dumont.

« Liliom », de Frank Borzage, d’après une pièce de Frank Borzage, avec Charles Farrel, Rose Hobart, USA, 1930, 88 min, VOST, Editions Carlotta, 19.99 euros.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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