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[Deauville 2021] L’intriguant « Pig » de Michael Sarnoski ne convainc pas

[Deauville 2021] L’intriguant « Pig » de Michael Sarnoski ne convainc pas

14 septembre 2021 | PAR Alice Martinot-Lagarde

Présenté en compétition au Festival du film américain de Deauville, le premier long-métrage de Michael Sarnoski étonne par son scénario singulier et un Nicolas Cage tout en retenue mais pâtit d’un récit sans profondeur. Intitulé Pig, il sera en salles à partir du 27 octobre prochain. 

Le film démarre silencieusement en pleine forêt de l’Oregon. Rob (Nicolas Cage) y vit en ermite dans une cabane, avec sa truie truffière. Véritable amie pour le vieil homme, elle lui permet aussi de vivre : toutes les semaines, Amir (Alex Wolff) vient chercher la précieuse récolte, chaque panier de truffes vaut de l’or pour les chefs de Portland à qui il les revend. Mais un jour, la truie réputée pour son excellent flair est volée. Rob est alors obligé de retourner à la ville pour retrouver l’animal cher à ses yeux, quitte à remuer les fantômes du passé. 

Barbu sale au visage fermé et impassible, Nicolas Cage est méconnaissable dans le rôle de cet homme mystérieux et solitaire qui, désabusé par la vie, s’est depuis longtemps retiré de la civilisation. Dans un jeu contenu, il impose une force brutale et charismatique au personnage qui finalement représente l’entièreté du récit. Le film peine à aboutir les sujets qu’il aborde : Michael Sarnoski avait visiblement l’intention d’explorer le rapport entre l’homme et l’animal mais également d’ouvrir une réflexion autour de l’idée de succès et de la pression opérée par la société pour que la réussite soit le seul véritable aboutissement de la vie. La conjonction des deux est plutôt maladroite mais surtout pas assez exploitée, sans parler de l’esquisse d’une mafia de la gastronomie à l’œuvre dans les sous-sols des restaurants de Portland qui nous laisse sur notre faim. 

Dommage car le film est visuellement assez réussi. On retient la scène du vol de l’animal, violente et brouillée, particulièrement bien réalisée, qui vient mettre fin à une première partie sereine en pleine nature et fait évoluer l’histoire en convoquant les sens du spectateur. Le passage à la ville est, de ce point de vue-là, intéressant avec des plans rapides et une musique beaucoup plus assourdissante et nerveuse pour faire ressentir le malaise du personnage de Nicolas Cage, désorienté au cœur de l’agitation. Mais le tout reste trop énigmatique et abstrait pour retenir l’attention et s’émouvoir d’un récit trop superficiel. 

 

Pig de Michael Sarnoski, avec Nicolas Cage, Alex Wolff, Adam Arkin. 1h31. En salles le 27 octobre 2021. 

47e édition du Festival du cinéma américain de Deauville du 3 au 12 septembre 2021. Plus d’informations ici.

 

Visuel © image du film

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